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Plaignez-vous! Mais plaignez-vous bien

Cécile Dehesdin, mis à jour le 04.05.2013 à 12 h 30

Stop complaining / 1c11 via Flickr CC license by

Stop complaining / 1c11 via Flickr CC license by

Se plaindre est-il bon ou mauvais pour sa santé mentale? Le New York Times explore la question, plus compliquée qu'il n'y parait.

Se plaindre constamment ne parait pas bien productif, en plus d'être insupportable pour votre entourage. Trop souvent, on exprime à quel point on est agacé ou énervé par une situation, sans proposer de solution constructive.

S'étant rendu compte qu'elle n'arrêtait pas de se plaindre, une mère de famille a décidé d'arrêter pendant sept jours. L'expérience a été difficile, mais l'a fait réfléchir à ce qu'elle voulait réellement exprimer, et le but qu'elle cherchait à atteindre en se plaignant.

Après un match de hokey qu'elle a perdu, injustement d'après elle, une de ses coéquipières lui a dit, «c'était sympa». Au lieu de se lancer dans une diatribe contre l'équipe adverse, l'arbitre, etc, elle a dit: «Je ne trouve pas ça sympa de perdre. Je me sens super mal», ce à quoi sa coéquipière a répondu qu'elle aussi. «Dire ce que je ressentais vraiment au lieu de me plaindre m'a beaucoup plus soulagée émotionellement», estime-t-elle.

10 millions de personnes dans 106 pays ont déjà acheté un bracelet violet avec les mots «a complaint free world» («un monde sans plaintes») depuis son lancement en 2006, affirme son fondateur Will Bowen au New York Times (l'idée est qu'à chaque fois que vous vous plaignez, vous changez le bracelet de bras, le but étant de ne pas avoir à le changer de bras pendant 21 jours d'affilée). Le site explique vouloir un monde où «les gens se concentrent et parlent des choses qu'ils désirent, à la place de se plaindre».

Mais retenir ses plaintes n'est pas nécessairement mieux, raconte Guy Winch, psychologue, au New York Times:

«Ne pas se plaindre tout fort ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'insatisfaction. Cela veut simplement dire que vous ne l'exprimez pas.»

Socialement, une bonne petite plainte peut permettre de créer un lien avec des inconnus (pensez aux situations où vous vous plaignez du retard du bus / de l'impolitesse de quelqu'un dans la queue du supermarché, etc), et constitue finalement un type de communication.

Reste à savoir comment se plaindre. Pour une plainte «efficace», conclut le journal, vous devez dépasser l'attitude défaitiste qui consiste à se dire que de toute façon «ça ne sert à rien», d'essayer de changer une situation désagréable, et décider de ce que votre objectif: résoudre un problème? Eviter qu'une situation se reproduise?

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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