Monde

Vie privée: Angela Merkel se livre (un peu)

Temps de lecture : 2 min

Angela Merkel, le 15 mai 2012. REUTERS/Tobias Schwarz
Angela Merkel, le 15 mai 2012. REUTERS/Tobias Schwarz

Angela Merkel n'aime pas parler d'elle. La chancelière allemande est connue outre-Rhin pour sa hantise à évoquer sa vie privée dans les interviews, au point que peu de journalistes se risquent à lui poser des questions personnelles. Mais à mesure que l'échéance électorale se rapproche, Merkel semble prête à faire des concessions pour séduire de nouveaux électeurs, comme en témoigne l'interview qu'elle a donné le 2 mai au magazine féminin Brigitte.

Face à un public de 400 personnes, sur la scène d'un théâtre berlinois, la chancelière a surtout été interrogée sur des sujets légers comme ce qu'elle envie aux hommes –leur «voix grave»– ou ce que ces derniers savent d'après elle mieux faire que les femmes –«couper du bois», comme le rapporte Der Spiegel.

Mais malgré ses efforts pour se prêter au jeu de l'interview, le naturel de Merkel revient au galop. A la question:

«Qu'est-ce qui rend les hommes attirants?»

Elle répond sobrement:

«De beaux yeux.»

Face au silence de l'intervieweuse, qui en attend visiblement plus, Merkel coupe court au suspense en se fendant d'un:

«C'est déjà beaucoup.»

Pince-sans-rire comme à son habitude, Angela Merkel ne peut également s'empêcher de tourner certaines questions en dérision, comme le rapporte le quotidien berlinois Der Tagesspiegel:

«Que fait une chancelière en premier le lundi matin?

– Se lever.»

Elle répond en revanche plus sérieusement à une question extrêmement futile mais qui suscite régulièrement l'intérêt des médias allemands: pourquoi forme-t-elle toujours un losange avec ses mains –surnommé dans la presse «Merkel-Raute» (le losange de Merkel) quand elle tient des discours et prend la pose devant les photographes?

Angela Merkel a réfuté la thèse avancée par plusieurs journalistes selon laquelle il s'agirait d'un conseil de sa sœur ergothérapeute, comme le rapporte le magazine Focus. Il s'agit d'une trouvaille personnelle, comme elle l'explique:

«Je me suis simplement demandée: “que faire de mes bras?” C'est ainsi qu'est né ce geste.»

Ajoutant, toujours avec flegme, que ce losange traduit aussi «un amour certain pour la symétrie».

Interrogée à propos du féminisme, Angela Merkel, qui est la première femme à diriger l'Allemagne, a répondu qu'elle ne se considérait pas comme féministe: «Cela rendrait tristes les féministes si je disais en être une», clin d'oeil à son récent refus d'instaurer un quota de 40% de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises allemandes.

Annabelle Georgen Journaliste

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