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Les noirs ne sont pas assez contrôlés, selon le chef de la police de New York

Temps de lecture : 2 min

Silent March / World Can't Wait via Flickr License by
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Ce que le commissaire de la police de New York (NYPD), Raymond Kelly, a déclaré le mercredi 1er mai sur ABC suscite de vives polémiques. Après avoir défendu la politique de contrôle de la police new-yorkaise –le «stop-and-frisk»– comme un moyen efficace de lutter contre la criminalité, il a déclaré que les citoyens afro-américains n’étaient pas assez contrôlés.

Selon Raymond Kelly, les Afro-américains sont à l’origine de 70% à 73% des délits violents (braquages, fusillades...) à New York. Dans son intervention télévisée, il a mis en regard cette statistique avec le pourcentage de contrôles pratiqués sur les personnes afro-américaines. Ils s'élèveraient à 53% du total des «stop-and-frisks» effectués par la police. Une proportion de contrôles qu’il juge insuffisante, d’un point de vue démographique, «par rapport au pourcentage de personnes décrites comme les auteurs de délits violents».

Depuis que Michael Bloomberg est maire de New York, la police new-yorkaise a effectué plus de cinq millions de contrôles. Les statistiques de l’Union américaine pour les libertés viciles (ACLU) soulignent que plus de 86% de ces contrôles sont pratiqués sur des personnes noires ou d’origine hispanique, les «latinos». La même analyse révèle que 88% de ces contrôles ne débouchent pas sur des arrestations ou des assignation à comparaître devant un tribunal. Dans un communiqué en avril 2013, l'Union pour les libertés civiles de New York (NYCLU) dénonçait déjà la méthodologie du système de contrôle:

«Sous l'égide de l'administration Bloomberg, les résidents de la ville de New York ont été arrêtés et contrôlés plus de cinq millions de fois. Les New-Yorkais ont été espionnés à cause de leur religion ou de leurs origines.»

En mars 2013, la politique de «stop-and-frisk» avait été dénoncée par des policiers de la NYPD. Certains ont accepté de témoigner pour révéler un système de quotas dans les contrôles à effectuer que l’administration a démenti. Un rapport de l'Union pour les libertés civiles de New York publié en 2011 évoquait un chiffre choc, toujours à propos de la politique du «stop-and-frisk». Statistiquement parlant, tous les jeunes afro-américains ont été contrôlés au moins une fois dans l’année 2011.

Un véritable mouvement s'est formé pour protester contre le système de contrôle que certains décrivent comme un contrôle au faciès. Le Centre pour les droits constitutionnels a créé une carte de New York délimitant les zones où la proportion de «stop-and-frisk» est la plus importante. Le NYCLU de son côté à mis sur pied une application, «Stop-and-Frisk Wactch», destinée aux citoyens permettant de reporter les contrôles, de les filmer et de les enregistrer.

Robin Panfili Journaliste à Slate.fr

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