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On fait moins confiance à un docteur en surpoids

Grégoire Fleurot, mis à jour le 03.05.2013 à 10 h 49

Finbarr O'Reilly / Reuters

Finbarr O'Reilly / Reuters

Le poids de votre docteur influence-t-il la confiance que vous lui faites? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre une équipe de chercheurs de l’université de Yale, aux Etats-Unis, à travers une étude publiée en mars dernier dans l’International journal of obesity.

Les chercheurs ont donné de manière aléatoire à 358 volontaires trois questionnaires différents sur des docteurs imaginaires, en leur demandant s’ils le choisiraient comme médecin, suivraient ses conseils sur l’exercice et la perte de poids ou encore s’ils le considéraient comme crédible et fiable. La seule différence entre les trois questionnaires était le poids du professionnel de santé, «normal», «en surpoids» ou «obèse».

Résultat: de la même manière que les personnes en surpoids sont stigmatisées dans de nombreuses situations professionnelles ou personnelles, les patients ont plus de dédain pour les docteurs en surpoids ou obèses, qu’ils estiment moins crédibles et dont ils ont moins de chances de suivre les conseils.

Rebecca M. Puhl, qui a mené les travaux, explique au blog santé du New York Times que les préjugés contre les gros sont tellement acceptés socialement que «malgré toute la formation et l’expertise des docteurs, cela peut compromettre la capacité des médecins à avoir une conversation sur la santé avec leurs patients». Elle continue:

«Si vous êtes un professionnel de la santé, les gens pensent que vous ne devriez pas avoir de problèmes avec votre poids.»

Cette étude vient s’ajouter à un corpus toujours plus important de travaux sur les différentes manières, parfois subtiles, dont le poids influence la relation entre les docteurs et leurs patients.

Une étude menée l’année dernière par des chercheurs de l’université américaine de John Hopkins a montré que le poids des docteurs influence aussi la manière dont ils traitent leurs patients. Les médecins en surpoids ont ainsi tendance à moins parler de perte de poids avec leurs patients en surpoids, tandis que la grande majorité des docteurs ne diagnostique l’obésité qu’aux patients dont le poids est égal ou supérieur au leur. De la même manière, plusieurs études ont montré que les médecins ont tendance à avoir moins d’empathie et à être moins compréhensifs avec les patients en surpoids.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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