Monde

Pourquoi la Corée du Nord s'est-elle calmée?

Robin Panfili, mis à jour le 02.05.2013 à 17 h 40

North Korea / Stephan via Flickr License by

North Korea / Stephan via Flickr License by

Après des semaines de menaces contre les Etats-Unis et la Corée du Sud, la Corée du Nord semble s’être calmée dans sa rhétorique et ses vélliétés d’attaques militaires.

Pourquoi? Parce que c’est devenu une habitude pour la Corée du Nord d’alterner une période intense de menaces et d’exercices nucléaires avec une phase d’accalmie, selon Elise Labott du blog Security Clearance de CNN. L’idée du régime est simple: reculer et attendre d’être félicité pour avoir reculé. Et puis, maintenant que les manoeuvres militaires conjointes entre les Etats-Unis et la Corée du Sud sont terminées, le Nord peut souffler. Il faut dire que ces exercices constituaient la principale angoisse du régime.

Une autre explication se trouve du côté de Pékin. Si, un temps, la Chine, premier partenaire économique de la Corée du Nord, s’était montrée réticente à faire pression, elle a commencé à perdre patience lorsque le régime s’est mis à ignorer ses mises en garde –notamment contre le lancement d’une fusée dans l’espace. Dans un billet de blog sur CNN, Michael Green, Victor Cha et Christopher Johnson expliquent:

«Pour la première fois depuis des années, il y a des raisons d’espérer que la Chine soit plus conciliante. Pékin est exaspéré par la Corée du Nord. Le nouveau leader chinois, Xi Jinping, est plus décisif que son prédécesseur. Son équipe chargée de la politique internationale voit Pyonyang d’un mauvais oeil après des années à éponger les dégâts diplomatiques.»

Désormais, il a des signes encourageants qui montrent que Pekin est prêt à travailler avec les Etats-Unis pour freiner le programme nucléaire nord-coréen. Des «petits» signes, mais c’est déjà un bon début. Nul ne sait si la visite de John Kerry a permis cette réaction chinoise, ce qui est sûr, c’est que les transferts d’argent entre le pays et le Nord ont ralenti. Désormais, la diplomatie américaine observe, en attendant de vraies pressions de Pékin sur le régime nord-coréen.

Un autre facteur, plus concret, entre aussi en jeu: le printemps. C’est à cette période que les militaires nord-coréens retournent aux installations agricoles et participent à la plantation des nouvelles cultures. Avec une économie fragile, ils sont eux aussi pleinement impliqués dans la récolte et la plantation, au même titre que les agriculteurs et les ouvriers...

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte