Monde

Un faux agent de la CIA m'a recruté pour braquer des banques

Robin Panfili, mis à jour le 02.05.2013 à 11 h 45

CIA lobby seal / CIA

CIA lobby seal / CIA

Quand il reçoit ce SMS d’une ancienne camarade de classe, Herson Torres s’est retrouvé devant un choix incroyablement difficile, raconte Business Week. Carolina Villegas, cette ancienne amie, lui propose un contrat de 25.000 dollars s’il accepte de travailler pour le gouvernement. Le job? Braquer des banques pour la CIA, le service de renseignement américain. 

Trois heures après, Herson rencontre Carolina sur un parking où elle le met en relation avec un homme mystérieux qui se fait appeller Theo. Un pseudonyme, selon lui. Il dit travailler pour l’Agence, et plus particulièrement pour le recrutement de personnels civils dans le cadre d’une mission de test de sécurité des banques. Au téléphone, Theo lui explique le fonctionnement de sa mission. Il doit braquer des banques. S’il réussit, il touchera une prime de 25.000 dollars.

Herson Torres hésite, se méfie, mais accepte. Et sa mission débute dans l’instant. Ce jour-là, il devra s’attaquer à trois banques. A chaque fois, Herson Torres est en relation téléphonique avec Theo. Il lui donne des conseils, comme le gant noir qu’il ne faudra pas oublier d’enfiler pour ne pas laisser d’empreintes.

Aux prochains braquages, Herson Torres impliquera des proches, sur conseil de Theo. Ils accepteront eux aussi la mission après avoir consulté les documents à en-tête de la Defense Intelligence Agency. Semblables à des documents officiels, ils détaillent l’opération «Downstrike», une mission exécutée par des civils volontaires qui bénéficieront de l’immunité contre toutes poursuites judiciaires.

Mais Herson Torres sera finalement arrêté. «Si je vous raconte tout, vous n’allez pas me croire», lâche-t-il lors de son premier interrogatoire. Au terme de leurs investigations, les enquêteurs retrouvent la trace de Theo et l’arrêtent. Il s'appelle en fait Joshua Brady. C'est un homme de 26 ans vivant avec sa mère, sa grand-mère et son petit frère de 10 ans dans la petite ville tranquille de Matoaca, à une centaine de kilomètres au sud de Washington.

En se faisant passer pour un agent de la CIA, il avait «recruté» Carolina Villegas sur un site de rencontre pour «sugar daddies» («papa gâteaux») et ils ne s’étaient jamais physiquement rencontrés.

Souffrant de «troubles délirants» selon le médecin-expert –ou de schizophrénie paranoïde selon le médecin embauché par ses avocats–, Joshua Brady n’ira certainement pas en prison. Au lieu des cinq années de prison encourues, il vivra sous surveillance dans la maison de sa mère. Il a accepté de suivre un traitement à son retour à Matoaca.

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
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