Pour Ian Gillan, l'Union européenne devient une «dictature» gouvernée par une «idiocratie»

«Ah, ce bon vieux Deep Purple. Toujours médaille de bronze des Jeux Olympiques du hard rock dans les années 70, derrière Led Zeppelin et Black Sabbath», comme l’écrit The Independant, le groupe sort un nouvel album studio, «Now What».

Le premier depuis la mort de son pilier et membre fondateur, le claviériste Jon Lord décédé en juillet 2012. Mais plus que le son de cet album produit par Bob Ezrin, c’est le discours politique de son chanteur qui surprend. Dans le Républicain lorrain, Ian Gillan s’en prend à l’Union européenne et à l’euro, qu’il juge très sévèrement. Ce n’est pas pour rien que Deep Purple a gagné le titre de groupe au son le plus lourd dans le livre Guinness des Records…

«A cause de l’euro, les pays sont dans l’incapacité d’ajuster leurs politiques. Regardez la Grèce, sous tutelle de Bruxelles. Et ce n’est pas fini. Il y aura d’autres pays. Nous avons besoin de gens qui vérifient que nos voitures sont sûres, que nos médicaments sont efficaces et que ce que nous mangeons est sain. Mais pas de bureaucrates qui dictent nos lois.»

Un système qui désormais peut être assimilé à une dictature.

«Quand on demande par référendum aux gens ce qu’ils pensent du Traité de Maastricht ou de celui de Lisbonne, et qu’ils les refusent, on ne tient pas compte de leur avis et on leur demande de revoter! Quand je pense à toutes les guerres et au sang qu’il a fallu verser pour nous débarrasser des dictatures et maintenant nous avons une dictature en Europe! Cela me rend fou.»

Pas étonnant qu’au cours de la même interview, Gillan se livre à un éloge de Margaret Thatcher, récemment décédée.

«Avant elle, tous les hommes politiques avaient été faibles. Alors ils l’ont haïe et l’ont diabolisée. Mais elle a changé l’histoire. Sans elle, nous vivrions probablement aujourd’hui dans un Etat communiste».

L'«idiocratie» qui gouverne l'Europe

L’euroscepticisme pour le moins radical du chanteur de Deep Purple — qui a quitté deux fois le groupe, en 1973 et en 1988— n’est en fait pas nouveau, puisque Gillan peste contre l’Union depuis au moins 2003, date de la sortie de l’album Bananas.

A l’époque, les journalistes anglosaxons lui demandent pourquoi avoir choisi ces ouvriers agricoles indonésiens posant sur un tas de bananes comme pochette d'album.

C’est alors que, dans le Chicago Innerview, Gillian lâche:

«Mon ennemi déclaré, c’est cette idiocratie qui gouverne l’Europe. J’ai confessé, j’ai déclaré que je lutterai jusqu’à mon dernier jour —pacifiquement bien entendu— pour la détruire.

[…]

Nous sommes gouvernés par des idiots en conséquence de quoi, un tas de décisions ridicules sont prises et ont un effet sur nos vies.»

Mais quel rapport avec les bananes, vous demandez-vous? On y vient.

«L’une [de ces décisions] est la régulation sur les bananes, qui fait que seul un producteur dont les bananes sont génétiquement modifiées peut satisfaire les normes imposées. Et de ce fait, vous ne pouvez plus avoir ces adorables et goûteuses petites bananes brésiliennes, africaines ou indonésiennes, parce qu’elles ne sont pas conformes aux nouvelles spécifications.

Il y a des pages et des pages de régulations de ce type […] Il y a une régulation pour chaque chose, le monde se transforme en une bureaucratie folle et donc cet album est dédié à la destruction de l’Europe. Pas littéralement, mais à la destruction du gouvernement de l’Europe.»

Une thèse qu'il défendait sur le plateau de Tout le monde en parle, en 2003 (à partir de 4 minutes). La version était légèrement différente, puisqu'il expliquait à cette occasion que Bruxelles avait décidé que les bananes devaient faire 30 centimètres de longueur.