Monde

Il ne fait pas bon être membre du gouvernement chinois

Temps de lecture : 2 min

中共十八大会场 东方

Si le métier de journaliste de presse écrite a été récemment élu comme le pire métier du monde, un poste au gouvernement chinois pourrait, lui aussi, concourir au classement. La vie d’un membre de gouvernement n’est plus ce qu’il était, comme le rapporte Quartz.

Finis les banquets arrosés, finies les obtentions de plaques d’immatriculation militaires (utiles pour éviter les tracas avec les policiers chargés de la circulation), finis les privilèges... Depuis quelques mois, une «armée» de blogueurs est à l’affût des moindres écarts. Les internautes n’hésitent pas à révéler les conflits d’intérêt, les traitements de faveur et tout ce qui entretient le terreau de corruption dans le pays.

Mais pour les hauts fonctionnaires chinois, la pression numérique n’est pas toujours la plus menaçante. Au même titre que les citoyens ordinaires ou les dissidents politiques, ils sont eux aussi exposés aux foudres du Parti communiste chinois.

Ces dernières semaines, la pays a été témoin de disparitions mystérieuses. Deux membres du gouvernement sont décédés après leur détention disciplinaire décidée par des mesures internes du Parti. On appelle ça le «shuanggui».

Parmi eux, un haut fonctionnaire, Yu Qiyi, est décédé le 10 avril à son arrivée dans l’hôpital de la province de Zhejiang. Alors que du sang coulait de son nez et des oreilles, les médias officiels (de l’Etat) chinois ont parlé d’un «accident» intervenu lors de son interrogatoire par les responsables de la discipline du Parti. Dans les deux cas, les rapports officiels évoquent des enquêtes internes pour corruption, sans donner plus de détails.

Ces mesures de disciplines sont devenues fréquentes. Le «shuanggui» est utilisé par le Parti pour «cadrer» ses membres. Un système judiciaire opaque et distinct de la justice chinoise appliqué aux membres du gouvernement.


Cas de «shuanggui» recensés par le Dui Hua Human Rights Journal

En 2009, la Commission centrale d’inspection disciplinaire (CCDI) avait communiqué sur ces mesures privatives de liberté. Désormais, le directeur de la Commission avait assuré que des réglès strictes banniraient les châtiments corporels contre un traitement respectant la dignité des personnes faisant l’objet d’une enquête.

Mais le «shuanggui» reste une procédure disciplinaire trouble selon Quartz. On ne sait pas combien de personnes y ont été confrontées ni dans quelles mesures les sanctions sont appliquées. Ce que l’on peut imaginer en revanche, c’est qu’avec la campagne anticorruption menée par le nouveau leader Xi Jinping, de plus en plus de hauts fonctionnaires pourraient être concernés.

Un blogueur chinois a effectué une visite dans les geôles du centre de détention du Parti en 2011. Son article et ses photos ont été censurées puis supprimées, mais d’autres sites avaient eu le temps de mettre la main dessus et de les rediffuser largement (voir les photos). Il est l’un des premiers témoins parvenu à montrer ce qu’il se passe à l’intérieur de ces centres de détention.

Robin Panfili Journaliste à Slate.fr

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