Si on s'intéresse à la Corée du Nord, c'est bon signe

Kim-Jong un/Petersnoopyvia FlickrCC Licenceby

Grâce à Google Trend, le site BCA Research relève un phénomène intriguant: la Corée du Nord n'a jamais autant intéressé les internautes que depuis deux mois.

Le schéma ci-dessous, réalisé par BCA Research, indique le nombre de recherches Google concernant la Corée du Nord. Depuis 2010, six pics de recherches reflètent l'intérêt des internautes pour le régime totalitaire de Kim Jong-il puis de Kim Jong-un: le naufrage du Cheonan, une corvette sud-coréenne coulée par un sous-marin nord-coréen en mars 2010, le bombardement de l'île sud-coréenne de Yeonpyeong par la Corée du Nord en novembre 2010, la mort de Kim Jong-il en novembre 2011, le lancement raté d'un missile par Pyongyang en avril 2012 et le troisième essai nucléaire de la Corée du Nord en février 2013.

En revanche, aucune actualité n'explique le soudain regain d'intérêt des internautes pour la Corée du Nord depuis deux mois. Comme l'explique BCA Research, la Corée du Nord n'a rien fait depuis février 2013 et ce n'est pas la première fois que le pays menace ses voisins. Lors d'événements plus graves que ce troisième essai nucléaire –comme le bombardement de Yeonpyeong–, le régime totalitaire n'avait pas autant passionné les foules.

Selon le site, deux éléments pourraient expliquer ce phénomène.

Tout d'abord, 2010 est l'année de la crise de la dette dans la zone euro, qui suit la crise financière de 2007. Les médias se concentrent notamment sur la crise de la dette publique grecque et la Corée du Nord est mise de côté. Ensuite, toujours selon BCA Research, les médias traditionnels sont en concurrence avec les réseaux sociaux comme Twitter. Si ceux-ci traitent plus rapidement le sujet du jour que les médias, les lecteurs et les investisseurs vont se tourner vers eux et leur traitement de l'information, parfois exagéré voire carrément conspirationniste. Les médias sont donc dans l'obligation de mettre de côté les sujets jugés moins «chauds» ou «moins important».

L'intérêt des internautes pour la Corée du Nord serait donc révélatrice d'un manque d'actualité plus prenante. BCA Researche parle d'un «indicateur d'optimisme»: si les médias parlent de la Corée du Nord et si les internautes s'y intéressent, alors c'est qu'aucun sujet grave ne monopolise l'attention des gens.