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Le premier explorateur a avoir survolé le pôle Nord se serait trompé de près de 130 kilomètres

Célésia Barry, mis à jour le 18.04.2013 à 13 h 51

U.S. Navy Lt. Com. Richard E. Byrd., George Grantham Bain, Wikimedia Commons

U.S. Navy Lt. Com. Richard E. Byrd., George Grantham Bain, Wikimedia Commons

L'amiral Richard Byrd est un héros. Le 9 mai 1926, ce passionné d'aéronautique embarque à bord du Joséphine Ford, un petit avion de ligne. Il est accompagné de son pilote, Floyd Benett. Seize heures plus tard, les deux compères atterrissent sur l'île norvégienne de Spitzberg et clament leur réussite: pour la première fois, le pôle Nord a été survolé.

Or, selon Gerald Newsom, un professeur d'astronomie de l'Etat d'Ohio, aux Etats-Unis, l'amiral se serait peut-être trompé, rapporte le site Live Science. Dans son étude publiée en janvier 2013 dans le Journal des records polaires, il affirme que Richard Byrd a manqué son objectif de près de 130 km.

Dès 1926, certains étaient déjà sceptiques quant à l'exploit accompli par l'amiral. Le périple avait duré 15 heures et 44 minutes alors même que, compte tenu de la vitesse de l'avion, un Fokker F.VII, la durée du vol avait été estimée à 18 heures.

Pour mener à bien ses recherches, le professeur Gerald Newsom s'est procuré les notes de Richard Byrd, données par la famille de l'amiral au Centre de recherche polaire Byrd. Avec l'aide de l'archiviste Raimund Goerler, il tente de les décrypter, note Live Science.

«Je pensais y trouver des pages et des pages de calculs, raconte Gerald Newsom, mais Byrd en a apparemment fait certains de tête.»

Pour le professeur, Richard Byrd était probablement de bonne foi et a été trompé par ses instruments de bord, une technologie bien moins sophistiquée que celle à laquelle les pilotes ont aujourd'hui accès, explique Live Science.

L'amiral dispose notamment d'une boussole solaire, qui lui permet de se diriger grâce aux mouvements du soleil, et d'un barographe, qui permet de déduire l'altitude à laquelle se trouve l'avion. La vitesse de l'avion est calculée à l'aide d'un chronomètre. Selon Gerald Newsom, l’imprécision de ces outils, combinée à une erreur de calcul, aurait pu conduire Richard Byrd à près de 130 km de son objectif.

«Ce type d'analyse ne résout pas le débat sur la réussite ou non de Byrd, précise le professeur. Mais il est bien plus probable qu'il ait manqué de peu son objectif plutôt qu'il l'ait dépassé.»

S'il s'avérait que Richard Byrd n'a pas survolé le pôle Nord, l'honneur d'avoir accompli cet exploit reviendrait au Norvégien Roald Amundsen. En 1926, quelques jours après l'amiral, il survolait le pôle Nord en dirigeable.

Célésia Barry
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