Monde

Allemagne: le parti anti-euro fera-t-il aussi bien que le Parti pirate?

Temps de lecture : 2 min

Deutsche Mark West Germany / Manosij Mukherjee Photography via FlickrCC Licence by
Deutsche Mark West Germany / Manosij Mukherjee Photography via FlickrCC Licence by

D'après un sondage publié dans le quotidien Bild-Zeitung, 3% des électeurs allemands seraient prêts à voter pour le nouveau parti politique anti-euro Alternative für Deustchland lors des prochaines élections fédérales qui auront lieu le 23 septembre 2013. Une broutille par rapport aux intentions de vote que recueillent la CDU, le parti d'Angela Merkel (39%), et le SPD (26%). Mais un chiffre tout de même remarquable pour un parti qui n'existe officiellement que depuis dimanche dernier... Et qui le place désormais à égalité avec le Parti pirate, qui dégringole dans les sondages depuis des mois –alors qu'en 2012, comme nous l'écrivions, les Pirates allemands dépassaient les Verts avec 13% des intentions de votes.

La revendication d'un retour au Deustche Mark, qui passait encore l'an dernier pour une lubie nostalgique agitée par quelques originaux isolés, comme nous le rapportions sur Slate.fr, s'est muée en thème de campagne des plus sérieux. Dans le pays qui est contraint de jouer le rôle de banquier de l'UE, l'idée peut en effet être tentante de voir dans l'abandon de la monnaie unique une issue de secours à la crise économique qui gangrène la zone euro depuis maintenant quatre ans.

A l'initiative du nouveau parti eurosceptique: un économiste de Hambourg autrefois encarté à la CDU, Bernd Lucke, un homme politique de la Hesse, Alexander Gauland, ainsi qu'un ancien journaliste du quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, Konrad Adam.

Déjà fort de 7.500 adhérents, Alternative für Deutschland entend donc peser bientôt sur les décisions du futur gouvernement, comme l'a déclaré à l'agence DPA un de ses autres cofondateurs, l'économiste Joachim Starbatty –propos repris par le Frankfurter Allgemeine Zeitung:

«Si nous arrivons au Bundestag –et les chances en sont très grandes, Angela Merkel appartiendra alors à l'Histoire. […] Alors Merkel ne sera plus la figure de proue, et la CDU repensera alors sa ligne politique.»

Très critiqué pour son euroscepticisme par les autres partis politiques allemands, le programme d'Alternative für Deutschland est aussi vilipendé par la presse, à l'instar du quotidien Die Zeit, qui estime qu'un retour au mark serait «fatal» pour l'Allemagne:

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

«Croire qu'on pourrait remettre le mark en circulation et que tout serait à nouveau comme avant est absurde. En se retirant de la zone euro, l'Allemagne ne monterait pas dans une machine à remonter le temps et ne se catapulterait pas en l'an 1998. En l'espace de 15 ans, le monde a beaucoup changé. Avec la Chine, l'Inde et d'autres pays émergents, ce sont de nouveaux concurrents qui se sont greffés sur le marché mondial. Aujourd'hui on ne va plus très loin avec le protectionnisme.»

Newsletters

En Afghanistan, des écoles secrètes pour filles

En Afghanistan, des écoles secrètes pour filles

Ouvrir un tel lieu est un acte de défiance envers les talibans.

Le jour où Poutine jeta la Finlande dans les bras de l'OTAN

Le jour où Poutine jeta la Finlande dans les bras de l'OTAN

Devant la menace russe, le Parlement finlandais vient de voter sa demande d'adhésion à l'OTAN. Compte tenu de l'histoire houleuse entre les deux pays, la décision revêt une importance historique.

Elon Musk et Twitter: la liberté d'expression est-elle une valeur de droite?

Elon Musk et Twitter: la liberté d'expression est-elle une valeur de droite?

Aux États-Unis, la gauche est devenue réticente à défendre la liberté d'expression, soupçonnée d'être un prétexte pour protéger les discours de haine, alors que la droite s'en fait la championne.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio