Monde

Allemagne: le parti anti-euro fera-t-il aussi bien que le Parti pirate?

Annabelle Georgen, mis à jour le 17.04.2013 à 12 h 13

Deutsche Mark West Germany / Manosij Mukherjee Photography via FlickrCC Licence by

Deutsche Mark West Germany / Manosij Mukherjee Photography via FlickrCC Licence by

D'après un sondage publié dans le quotidien Bild-Zeitung, 3% des électeurs allemands seraient prêts à voter pour le nouveau parti politique anti-euro Alternative für Deustchland lors des prochaines élections fédérales qui auront lieu le 23 septembre 2013. Une broutille par rapport aux intentions de vote que recueillent la CDU, le parti d'Angela Merkel (39%), et le SPD (26%). Mais un chiffre tout de même remarquable pour un parti qui n'existe officiellement que depuis dimanche dernier... Et qui le place désormais à égalité avec le Parti pirate, qui dégringole dans les sondages depuis des mois –alors qu'en 2012, comme nous l'écrivions, les Pirates allemands dépassaient les Verts avec 13% des intentions de votes.

La revendication d'un retour au Deustche Mark, qui passait encore l'an dernier pour une lubie nostalgique agitée par quelques originaux isolés, comme nous le rapportions sur Slate.fr, s'est muée en thème de campagne des plus sérieux. Dans le pays qui est contraint de jouer le rôle de banquier de l'UE, l'idée peut en effet être tentante de voir dans l'abandon de la monnaie unique une issue de secours à la crise économique qui gangrène la zone euro depuis maintenant quatre ans.

A l'initiative du nouveau parti eurosceptique: un économiste de Hambourg autrefois encarté à la CDU, Bernd Lucke, un homme politique de la Hesse, Alexander Gauland, ainsi qu'un ancien journaliste du quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, Konrad Adam.

Déjà fort de 7.500 adhérents, Alternative für Deutschland entend donc peser bientôt sur les décisions du futur gouvernement, comme l'a déclaré à l'agence DPA un de ses autres cofondateurs, l'économiste Joachim Starbatty –propos repris par le Frankfurter Allgemeine Zeitung:

«Si nous arrivons au Bundestag –et les chances en sont très grandes, Angela Merkel appartiendra alors à l'Histoire. […] Alors Merkel ne sera plus la figure de proue, et la CDU repensera alors sa ligne politique.»

Très critiqué pour son euroscepticisme par les autres partis politiques allemands, le programme d'Alternative für Deutschland est aussi vilipendé par la presse, à l'instar du quotidien Die Zeit, qui estime qu'un retour au mark serait «fatal» pour l'Allemagne:

«Croire qu'on pourrait remettre le mark en circulation et que tout serait à nouveau comme avant est absurde. En se retirant de la zone euro, l'Allemagne ne monterait pas dans une machine à remonter le temps et ne se catapulterait pas en l'an 1998. En l'espace de 15 ans, le monde a beaucoup changé. Avec la Chine, l'Inde et d'autres pays émergents, ce sont de nouveaux concurrents qui se sont greffés sur le marché mondial. Aujourd'hui on ne va plus très loin avec le protectionnisme.»

Annabelle Georgen
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Journaliste
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