Life

Comment les parents du monde entier voient leurs enfants

Robin Panfili, mis à jour le 15.04.2013 à 14 h 03

Family / Catherine Scott

Family / Catherine Scott

Les parents américains ont-ils une image de leur enfant différente des parents néerlandais ou espagnols? Oui, selon une étude menée par deux chercheurs de l’école des études familiales de l’université du Connecticut, aux Etats-Unis.

Selon les données présentées par The Atlantic, les Américains n’hésitent pas à souligner l'intelligence avancée de leurs enfants. Les parents européens, en revanche, voient avant tout des qualités comme le fait d’être facile à gérer ou équilibré.

En Australie et en Suède, par exemple, les parents mentionnent en priorité le mot «bonheur» lorsqu'on leur demande comment est-ce qu'ils voient leur descendance. En Italie, on attribue même aux jeunes le mot «simpatico», un adjectif suggérant une faculté particulière dans l’adaptation sociale et émotionnelle. Dans un article de Slate.com, le journaliste Nicholas Bay précise:

«Quand nous cherchons certaines qualités précises chez l'enfant, nous arrêtons de constater les autres. C'est un cercle vicieux. Voilà l'une des leçons que l'on peut tirer de ces théories parentales ethnographiques.»

L’autre partie de l’étude concentrée sur des familles américaines et néerlandaises concerne la place de l’enfant en famille. Si les Américains préfèrent accorder du temps individuellement à chacun de leurs enfants, les Néerlandais opteront pour des moments où toute la famille est ensemble.

L’autre divergence concerne le repos des enfants. Les Américains semblent plus en difficulté dans la gestion du sommeil que les Néerlandais. Chez ces derniers, la rigueur et la planification non-négociable des temps de repos permet aux enfants de dormir davantage.

Conséquence: les enfants américains connaissent un état d’éveil agité alors que les enfants néerlandais seront en éveil calme. Pour les auteurs de l'étude, le comportement des parents varie selon les valeurs et les codes culturelspartagés dans le pays.

Chaque pays interprète et voit le comportement de ses enfants selon son prisme culturel. Voilà comment, aux États-Unis, un enfant qui pose beaucoup de questions est perçu comme un enfant en plein éveil, curieux et alerte. Au contraire, ce comportement sera considéré négativement, aux Pays-Bas, où l'enfant sera vu comme trop dépendant.

Ces études ethnographiques sont utiles pour comprendre les différences culturelles, particulièrement dans la manière de considérer les enfants. Notamment enviée par les Anglo-Saxons, l'éducation à la française (qui n'est pas analysée par l'étude) jouit ainsi d'une bonne réputation. «Les Français ne sont pas parfaits, mais ils ont des secrets d'éducation qui fonctionnent vraiment», confiait l'essayiste Pamela Druckerman après plusieurs années à étudier le sujet.

Elle souligne ici la force du «savoir dire non» et la considération des parents français envers leurs enfants sans tomber dans les excès de l'éducation américaine, «au service constant des enfants».

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
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