Monde

Google retire le mot «favela» de ses cartes

Temps de lecture : 2 min

La favela de Nola Friburgo, à Rio de Janeiro, au Bresil, Nate Cull, Wikimedia commons
La favela de Nola Friburgo, à Rio de Janeiro, au Bresil, Nate Cull, Wikimedia commons

Rio de Janeiro, au Brésil, comptait 968 favelas en 2008. Ces bidonvilles sont connus pour être des foyers de la misère, de la violence et de nombreux trafics illégaux. D'après un article de l'Express publié en 2011, 120.000 personnes habitaient à Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro.

Selon The Telegraph, les bidonvilles brésiliens étaient auparavant indiqués par le mot portugais favela sur les cartes de Google Maps. Mais sous la pression d'Eduardo Paes, le maire de Rio de Janeiro, et de l'entreprise de tourisme Riotur, la multinationale américaine aurait retiré la mention sur certaines de ses cartes, remplaçant le mot «favela» par «colline».

A trois ans des prochains Jeux olympiques, organisés par Rio de Janeiro, Eduardo Paes est désireux de redorer l'image de sa ville.

Le maire et l'entreprise Riotur déplorent la trop grande importance donnée à ces bidonvilles, indique The Telegraph. Ils expliquent que les favelas ne regroupent qu'une faible partie de la population urbaine et qu'à ce titre, ils ne devraient pas être mieux indiqués sur les cartes que des quartiers plus huppés, comme Cosme Velho et Humaita. Pourtant, indiquait en 2011 Le Parisien, près d'un tiers de la population de Rio de Janeiro vivait en 2011 dans les favelas de la ville.

Plusieurs voix se sont élevées contre cette décision. Selon le Comité populaire de Rio, qui lutte contre la violence, indique The Telegraph, «l'élimination virtuelle [des favelas] fait partie d'un projet de la ville qui tente de masquer la pauvreté et les pauvres dans l'environnement virtuel comme dans la réalité».

La sécurité des touristes a également été invoquée, ajoute le quotidien. Bien que depuis quelques années, la police brésilienne tente d'assainir les bidonvilles, ceux-ci demeurent des lieux dangereux pour les étrangers non accompagnés, affirme The Telegraph. Or beaucoup d'entre eux utilisent Google Maps pour se diriger et pourraient se rendre dans des favelas sans être avertis d'éventuels risques.

Interrogé par le journal brésilien Estadao, Google n'a fait aucun commentaire.

Célésia Barry

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