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«Crime organisé» et «narcotrafic»: les mots tabous au Mexique

Temps de lecture : 2 min

B. Montoya/REUTERS
B. Montoya/REUTERS

Les mots «crime organisé» et «narcotrafic» ont quasiment disparu du vocabulaire mexicain, du moins dans la presse écrite et à la télévision.

Les problèmes liés à la violence et au trafic de drogues sont pourtant loi d’être résolus: on continue d’estimer qu’un millier de meurtres liés au narcotrafic sont commis tous les mois et, depuis le début de l’année 2013, on compte une cinquantaine d’attaques contre les journalistes. La couverture médiatique des gangs a donc énormément diminué malgré une augmentation de la violence depuis l’élection du président Enrique Peña Nieto en juillet 2012, comme le rapporte El Pais.

Pourquoi ce soudain tabou? Pour l’observatoire de l’Accord des Médias mexicain, il s’agirait en partie d’une question de vocabulaire. Le nouveau chef d’Etat a abandonné l’expression «guerre contre le narcotrafic» que son prédécesseur utilisait «comme un mantra».

Bien entendu, ce silence est également lié aux risques qu’encourent les journalistes à enquêter sur le trafic de drogue. Selon l’Institut de Presse Internationale, le Mexique est le pays le plus dangereux pour les journalistes depuis 2012. Des journaux comme Zocalo, l’une des publications les plus importantes de l’Etat de Coahuila, ont annoncé qu’ils renonçaient à couvrir le narcotrafic pour protéger leurs employés.

Depuis l’élection de Peña Nieto, ajoute El Pais, les assassinats de journalistes ont augmenté de 11%. Bannir les mots «crime organisé» et «narcotrafic» n’est donc malheureusement pas qu’un choix lexical: c’est le signe d’un pays qui perd petit à petit sa liberté d’expression.

Daphnée Denis Journaliste

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