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Pour encourager les dons, changez le nom des ouragans

Robin Panfili, mis à jour le 05.04.2013 à 12 h 03

Hurricane Fran / National Climatic Data Center

Hurricane Fran / National Climatic Data Center

Voilà une idée qui pourrait révolutionner les dons en direction des victimes de catastrophes naturelles. L'éventualité, évoquée par Joshua Tucker dans le blog The Monkey Cage, est simple: trouver de nouveaux noms aux ouragans.

Dans son post, il cite une étude qui établit la conclusion suivante: nous faisons davantage de dons lorsqu’un ouragan porte la même initiale que notre prénom.

«Ainsi, les Robert, Ralph et Rose ont donné, pour l’ouragan Rita, 260% plus que les personnes dont le prénom ne commence pas par un "R". En 2005, même cas de figure, les personnes dont les initiales commençaient par un "K" ont donné 150% plus pour Katrina. En 2004, les personnes portant le "I" comme initiale ont donné 100% de plus pour le fonds d’aide de l’ouragan Ivan.»

L’Organisation météorologique mondiale de l’ONU nomme chaque ouragan depuis 1953. «L’usage de noms courts et distinctifs sont plus rapides à citer; moins sujets aux erreurs que les anciens modes d’identification en latitudes et longitudes», explique l’organisme. Le «naming» est donc fixé préalablement par des listes de noms attribués à chaque région du monde.

Prévision des noms d'ouragans pour les prochaines années (World Meteorological Organization)

Si l'on sait depuis longtemps que les gens aiment ce qui rappelle leur prénom, on apprend désormais que cela peut s'avérer très lucratif. Alors pourquoi ne pas renommer les ouragans en conséquence? «Aux Etats-Unis, par exemple, plus de 10% des hommes portent un prénom commençant par la lettre J comme James ou John, les prénoms masculins les plus courants...»souligne Joshua Tucker.

Le phénomène s’observe aussi chez les femmes dont les prénoms commencent, pour beaucoup, par la lettre M Mary, Maria, Melissa, Michelle, Margaret. Aurions-nous là une solution pour interpeller davantage l’opinion vis-à-vis des catastophes naturelles de grande ampleur?

Pour suivre la même logique, l’Organisation météorologique mondiale pourrait opter pour une autre méthode de dénomination. Par exemple en nommant les ouragans avec les prénoms les plus portés dans le pays. «Pour 2013, le nom qui a été prévu pour un éventuel ouragan dans le Nord-Atlantique est Joyce le prénom de 6.000 Américaines. Mais le prénom Jennifer pourrait tout aussi bien fonctionner, lui qui est porté par 1,5 million d’Américaines», lance Joshua Tucker.

Une dernière suggestion est émise par le blogueur. Pourquoi ne pas donner aux ouragans le nom des personnes les plus riches du pays? Ainsi, elles se sentiraient concernées et pourraient donner largement aux personnes touchées par les catastrophes. 

Si les populations se portent parfois volontaires pour apporter leur aide et leur soutien lors des catastrophes naturelles, les dons patinent. Selon un rapide calcul de Joshua Tucker, 700 millions d'euros auraient pu être levés depuis 2000 avec cette simple politique de «naming».

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
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