La plus vieille photographie aérienne du monde

Boston As The Eagles And The Wild Goose See It / James Wallace Black

Voilà ce qui constitue, sans aucun doute, l’une des premières formes de photographie aérienne. L’oeuvre, évoquée par le site PetaPixel, a été réalisée par le photographe James Wallace Black en... 1860. Soit 43 ans avant que le premier avion de l’histoire, prototype des frères Wright, ne prenne son envol.

Depuis une montgolfière perchée à 600 mètres d’altitude, la photographie montre la ville de Boston comme personne ne l’avait vue auparavant. L’oeuvre, intitulée «Boston comme la voient les aigles et les oies sauvages», est aujourd’hui conservée au Metropolitan Museum of Art de New York.

Datée de la même époque, un autre cliché du photographe (voir ici) figure dans les archives du musée. Celle-ci a de précieux l'importante hauteur de prise de vue.

Mais pour être plus précis, ces deux clichés de James Wallace Black ne sont pas vraiment les toutes premières photographies aériennes réalisées, mais plutôt les dernières traces que l’on a gardé de la naissance de ce genre artistique.

Un Français

Celui que l’on considère comme le père de ce genre artistique est en fait Français. Il s’appelle Gaspard-Felix Tournachon, ou «Nadar». Lui s'était illustré en photographiant Paris à partir d’un ballon dirigeable en 1858, soit deux ans avant que James Wallace Black appuie sur son déclencheur. Aujourd’hui, il est impossible de mettre la main sur cette photographie, réalisée à 80 mètres de hauteur au dessus du Petit-Clamart, mais la paternité artistique de Nadar est intacte.

Quelques années plus tard, ces aventures photographiques deviendront une source d’inspiration pour Jules Verne, dans son ouvrage Cinq semaines en ballon paru en 1863. Dans De la Terre à la Lune, il nommera son héros Michel Ardan, un anagramme de Nadar. Et voilà comment Jules Verne s'amuse à le décrire:

«C'est un homme de quarante-deux ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portent des balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants une chevelure ardente, qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes, agrémentée d'une moustache hérissée comme les barbes d'un chat et de petits bouquets un peu égarés, un regard myope, complémentaient cette physionomie éminemment féline.»

La photographie aérienne ne se développera vraiment qu'à partir de la Première Guerre mondiale, lorsque le besoin en renseignements militaires deviendra un enjeu crucial pour les Etats en guerre. Viendront ensuite les photographies spatiales, les satellites... et Google Maps.