Culture

L'étonnante histoire d'une séance photo dans la baignoire d'Hitler pour le magazine Vogue

Slate.fr, mis à jour le 02.04.2013 à 19 h 51

German Federal Archive (20/03/1937)

German Federal Archive (20/03/1937)

La scène peut paraître surréaliste, pourtant, elle est tout à fait authentique. Dans l’appartement abandonné d’Adolf Hitler à Munich, Lee Miller, une ancienne top model américaine devenue reporter de guerre se fait tirer le portrait dans la baignoire du dictateur (on peut voir la photo sur le site Messy Nessy Chic).

Lee Miller arrive alors tout juste à Munich, entourée par les troupes américaines de la 45e division qui viennent de libérer la ville. A cette époque là, entre 1944 à 1946, elle travaille pour le magazine Vogue. Accompagnée par David Scherman, photographe de LIFE, elle couvre le débarquement en France des soldats américains, parcourant ainsi l’Allemagne, l’Autriche et les camps de concentration de Dachau ou de Buchenwald.

Et c’est un peu par hasard –quelques heures après le suicide du dictateur, le 30 avril 1945– qu’avec son acolyte David Scherman, elle tombe sur l’appartement privé d’Adolf Hitler à Munich, raconte Iconics Photos. Elle y découvre alors le «16 Prinzregentenplatz»: le fameux «nid d’aigle» du Führer. Dans une lettre à la rédactrice-en-chef de Vogue, Audrey Winters, Lee Miller racontera son séjour dans la maison de Hitler.

«L’endroit était en parfait état. L’électricité et l’eau chaude fonctionnaient. Il y avait même un réfrigérateur électrique. Il n’était pas suffisamment vide pour être "loué" en l’état, mais un quart d’heure de ménage pour dépoussiérer les tasses aurait suffit pour le mettre à disposition d’un nouveau locataire à qui la présence de draps et de vaisselle marqués "A.H." ne gênerait pas».

Elle y résidera quelques jours et s’y fera prendre en photo, nue, dans une salle de bain en apparence ordinaire. Les bottes crasseuses à portée de main, l’uniforme jeté à la va-vite. La photo semble réaliste, mais ne laissera pas dupe la journaliste et critique d'art américaine Carolyn Burke qui soulignera la mise en scène du cliché.

Ce n'est pas la seule photo marquante de Lee Miller. Un autre cliché –dont elle est l’auteure, cette fois–  a frappé les esprits. Il montre deux soldats examinant un camion dont le coffre est rempli de cadavres entassés. Cette image sera l’une des premières à révéler la violence de l’Holocauste. Tellement violentes que Vogue lui demandera une confirmation écrite pour certifier que la photographie est authentique.

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