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La Russie fait pression sur les ONG à coup de perquisitions

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Vladimir Poutine visite le futur centre olympique 2014 à Sochi, le 6 février 2013. REUTERS/Ivan Sekretarev
Vladimir Poutine visite le futur centre olympique 2014 à Sochi, le 6 février 2013. REUTERS/Ivan Sekretarev

Après la perquisition surprise lundi 25 mars d'Amnesty International à Moscou, c'est au tour des bureaux de Human Right Watch et de Transparency International d'être inspectés par les autorités russes mercredi 27 mars. Ces perquisitions s'inscrivent dans une longue série de contrôles des ONG étrangères organisés par l’Etat russe, note Der Spiegel. Près de deux mille ONG seraient ciblées.

En juillet 2012, le président Vladimir Poutine, tout juste réélu depuis mars, signe une loi durcissant le contrôle des ONG étrangères. Le texte, proposé par Alexandre Sidiakin, oblige les ONG qui «participent à une activité politique sur le territoire russe» à s'enregistrer en tant qu'«agents de l'étranger», rapporte le Figaro. Selon le journal, l'auteur du texte affirme que la majeure partie de l'argent investi par les étrangers dans ces ONG est «destiné à influencer la politique» de la Russie.

«Le terme d' "agent étranger" étant associé aux espions, l'unique but de cette loi est de ternir l'image des militants russes des droits de l'homme, dont les organisations ne trouvent aucun soutien financier à l'intérieur du pays», explique au Figaro Lilia Chibanova, directrice de Golos, une association qui lutte pour des élections «honnêtes».

En février 2013, le Premier ministre Dmitri Medvedev renforce le contrôle des ONG. Les dirigeants de celles qui refusent de s'enregistrer comme «agents de l'étranger» risquent jusqu'à deux ans de camp de travail, indique le Figaro.

Mardi, après que les bureaux des fondations allemandes Konrad Adenauer et Freidrich Ebert ont été fouillés, de nombreux politiciens ont exprimé leur mécontentement, note Der Spiegel. Guido Westerwelle, le ministre fédéral des Affaires étrangères, a notamment affirmé que ces investigations pourraient avoir une influence négative sur les relations germano-russes.

De leur côté, les journaux allemands voient dans les perquisitions orchestrées par Vladimir Poutine un nouveau pas vers la dictature, explique Der Spiegel.

«Depuis la réélection de Vladimir Poutine, on peut observer comment un régime totalitaire –qui tolère encore un petit niveau de liberté dans certaines niches de la société tant qu'elles ne remettent pas en cause le pouvoir de l’Etat– est en train de se transformer en une véritable dictature», écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Die Tageszeitung considère que les agents du président russe «portent atteinte à la démocratie». Quant à Die Welt, il estime que les dirigeants allemands doivent réagir:

«Berlin ne devrait pas en faire une affaire internationale, mais doit clairement demander la fin de ce harcèlement.»

Mardi, la capitale allemande a convoqué le numéro deux de l'ambassade de Russie afin d'obtenir des explications, indique le Monde. Alors que plusieurs bureaux de l'organisation Alliances françaises ont été inspectés, Paris a également appelé l'ambassade de Russie à s'expliquer.

Célésia Barry

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