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Un magasin australien fait payer 4 euros les clients qui entrent «juste pour voir»

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 26.03.2013 à 9 h 21

Groceries / wstryder via Flickr CC Licence By

Groceries / wstryder via Flickr CC Licence By

Une épicerie de produits sans gluten située dans la ville australienne de Brisbane, Celiac Supplies, a adopté depuis le 1er février une politique très surprenante. Comme l'écrit le site Consumerist, la direction a collé une affiche sur sa devanture pour annoncer à sa clientèle que les personnes qui entreront dans le magasin «juste pour voir» devront payer des frais de 5 dollars australiens (4 euros).

Du délire? Non, une réponse à un problème sérieux, selon la direction qui explique sur l'affichette, initialement repérée par un utilisateur du site Reddit:

«Beaucoup de gens utilisent le magasin comme une référence pour acheter par la suite les mêmes produits ailleurs. Ces gens ignorent que nos prix sont presque les mêmes que dans les autres magasins, et de plus nous avons des produits qui ne sont pas disponibles ailleurs.»

Le site Digital Trends explique que cette pratique dénommée «showrooming» (de l’anglais «showroom», espace d’exposition) est très populaire chez les consommateurs qui recherchent des produits chers comme de l’électronique, les essaient en magasin puis les achètent sur Internet.

Exemple typique: un client viendra s’assurer qu’un téléviseur a une image de qualité satisfaisante avant de l’acheter... sur Amazon. D’autant que le e-commerce leur facilite la tâche: Amazon a même donné aux utilisateurs de son appli mobile la possibilité de scanner le code barre d’un produit en magasin pour comparer les prix, poursuit le blog Bits du New York Times.

La chaîne de magasins «physiques» Best Buy, spécialisée dans l’électronique, semble avoir trouvé, pour le moment, la parade: aligner annuellement ses prix sur ceux du géant du e-commerce.

Quant au magasin australien, il adopte, selon Matt Brownell du site Daily Finance, la stratégie la moins judicieuse possible pour lutter contre le phénomène du showrooming.

«Il est certes frustrant de voir des gens utiliser son magasin uniquement comme un showroom et aller acheter la même chose en ligne, mais imposer des frais supplémentaires est loin d’être la solution idéale. L'objectif de tout commerçant devrait être d’impressionner ses clients avec des prix compétitifs et un excellent service, non de traiter ces derniers avec suspicion et hostilité dès qu’ils franchissent le seuil du magasin.»

Ce n’est pas la première fois qu’un magasin adopte cette méthode. En 2010, Consumerist rapportait qu’une boutique américaine de chaussures avait mis en place des frais de 20 dollars pour les clients qui essayaient des paires pour ensuite les acheter moins cher, en ligne.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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