France

La France livrerait des armes à l'opposition syrienne depuis janvier

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 21.03.2013 à 10 h 40

Des membres de l'armée de libération syrienne, le 12 novembre 2012 à Ras al-Ain. REUTERS/Murad Sezer

Des membres de l'armée de libération syrienne, le 12 novembre 2012 à Ras al-Ain. REUTERS/Murad Sezer

Depuis plusieurs semaines, la France livrerait des armes aux rebelles syriens, malgré l'embargo imposé par l'Union européenne, qui interdit de telles livraisons, selon Vincent Jauvert, du Nouvel Observateur:

«Selon une source fiable au sein de l'appareil d'Etat français, François Hollande a décidé mi-décembre de livrer des armes à l'Armée syrienne libre à des groupes sélectionnés par les services de renseignement. Cette décision a été prise en concertation avec la Grande Bretagne et les Etats-Unis, qui, selon cette source, ont fait le même choix. Elle fait suite à la visite à l'Elysée le 17 novembre du président de la Coalition nationale syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, que les autorités françaises ont, trois jours auparavant et à la surprise générale, reconnu comme "le seul représentant du peuple syrien".»

Les premiers envois auraient eu lieu début janvier selon le site de l'hebdomadaire.

Mi-mars, la France et l'Angleterre avaient toutes deux demandé la levée de l'embargo, une demande qui visait en fait «notamment à légaliser une situation de fait», précise l'Obs. Les Etats-Unis avaient alors exprimé leur soutien vis-à-vis de cette demande.

Le 14 mars, François Hollande a effectivement demandé aux Européens de lever l'embargo sur les armes de guerre, «sans exclure de passer outre si ses partenaires s'y refusaient», écrivait alors Le Figaro...

«Nous souhaitons que les Européens lèvent l'embargo (…), c'est ce que je vais dire à mes collègues, a dit le président en arrivant à Bruxelles. La France doit d'abord convaincre ses partenaires. Si d'aventure il devait y avoir un blocage, alors la France prendrait ses responsabilités (…) Mais elle doit aussi prendre ses responsabilités. On ne peut pas laisser un peuple se faire massacrer par un régime qui a démontré qu'il refuse toute discussion politique.»

Deux jours auparavant, à Londres, David Cameron avait annoncé que faute d'accord européen, il entendait agir «comme bon (lui) semble» par rapport aux livraisons d'armes. Quant aux Etats-Unis, Business Insider rapportait dès décembre 2012 que les Etats-Unis envoyaient ouvertement des armes lourdes depuis la Libye aux rebelles syriens. Comme nous le rapportions le 15 mars, selon des informations du blog The Cable de Foreign Policy, le gouvernement américain devrait envoyer par avion 200.000 repas halal à l’Armée syrienne libre.

L'embargo sur les armes à destination de la Syrie avait été décidé à l'unanimité des 27 en mai 2011 et la même unanimité est nécessaire pour sa levée.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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