Monde

Le jour où les services secrets américains ont failli tuer Ahmadinejad

Grégoire Fleurot, mis à jour le 21.03.2013 à 10 h 07

Mahmoud Ahmadinejad en 2007 à Téhéran. REUTERS/RIA Novosti/KREMLIN

Mahmoud Ahmadinejad en 2007 à Téhéran. REUTERS/RIA Novosti/KREMLIN

Un agent des services secrets américains a failli tuer par mégarde le président iranien Mahmoud Ahmadinejad en septembre 2006 alors que celui-ci participait à une Assemblée générale des Nations unies à New York.

L’histoire de cet incident jusqu’ici inconnu du grand public mais qui aurait pu avoir d’importantes conséquences internationales a été rapportée le lendemain dans une note de renseignement adressée aux plus hauts responsables de l’administration Bush. Elle est racontée par un de ces responsables dans Deep State: Inside the Government Secrecy Industry, un livre du journaliste Marc Ambinder sur les services secrets américains à paraître au mois d’avril et dont The Atlantic publie un court extrait.

Alors que le président iranien était sur le point de monter dans sa voiture en sortant de l’hôtel InterContinental, un agent américain qui faisait partie de son escorte et qui était en train d’ajuster son arme l'a malencontreusement déchargée. Ambinder écrit dans son livre: 

«A l’époque, l’administration Bush réfléchissait à la manière dont il fallait gérer le programme nucléaire iranien. Et un agent des services secrets venait juste de donner à l’Iran une opportunité de relations publiques potentiellement dévastatrice. Ahmadinejad allait certainement révéler l’accident en grande pompe à la tribune des Nations unies. Il pourrait prétendre que les Etats-Unis ont essayé de l’assassiner, et bouleverser ainsi toute la conférence.»

Mais au lieu de cela, le président iranien s’est à peine retourné, et alors que l’agent commençait à s’excuser et que tout le monde retenait son souffle, il est rentré dans la voiture et n’a rien raconté à personne. Son discours à la tribune des Nations unies s’est attardé sur ses thèmes favoris de l’époque, l’occupation illégitime à ses yeux de l’Irak par des forces étrangères, le sort de la Palestine et du Liban ou les menaces internationales «injustes» contre le programme nucléaire iranien, mais pas un mot de l’incident.

Ambinder écrit:

«Leur silence [celui des Iraniens] a eu pour conséquence de changer la manière dont plusieurs conseillers de la Maison Blanche voyaient Ahmadinejad. C’était une preuve que l’Iran agissait de manière stratégique, et donc avec prudence.»

Grégoire Fleurot
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