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Pakistan: comment Malala est devenue le symbole de la résistance aux Talibans

Temps de lecture : 2 min

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Si le prénom Malala vous dit quelque chose, ce n'est pas un hasard. Vous avez sans doute entendu parler de l'adolescente patchoune début octobre 2012, quand des Talibans sont montés dans le bus qui la transportait avec des amies à l'école, ont demandé où elle était, puis, une fois identifiée, lui ont tiré une balle dans la tête, blessant également deux autres écolières.

Depuis son coma, et son transfert en Angleterre, Malala Yousafzai va mieux. Aujourd'hui, d'après son père, Ziauddin Yousafzai, «elle est même en pleine forme». Mais les journalistes qui ont donné une voix mondiale à la jeune fille qui voulait simplement qu'on la laisse s'éduquer culpabilisent toujours du rôle qu'ils ont joué dans l'attentat.

Vanity Fair revient dans un long article sur la façon dont Malala est devenue un symbole de la lutte contre les Talibans et pour l'éducation. On y voit également Syed Irfan Ashraf, un reporter pakistanais qui voulait en 2007 raconter ce qui se passe dans la province du Swat et s'est retrouvé face au silence de tous, y compris de représentants du gouvernement, qui ne voulait pas apparaître à la télévision de peur de paraître «non islamique».

Ashraf était sur place pendant la montée en puissance de Maulana Fazlullah, l'homme qui s'est érigé à la tête des Talibans du Swat. Il a travaillé avec un journaliste du New York Times sur une série de vidéos alors que les écoles pour filles du Swat fermaient, et l'a convaincu de filmer cette histoire. Le journaliste du New York Times, Adam Ellick, lui a répondu qu'il leur fallait un personnage principal à ce journalisme narratif, quelqu'un qui pourrait porter l'histoire des écoles pour filles. Ashraf connaissait et a convaincu Ziauddin Yousafzai qui dirigeait des écoles pour filles et encourageait Malala dans sa quête d'éducation et d'indépendance, de participer aux vidéos.

Il ne savait pas alors le danger qu'elle encourrait avec ces vidéos, les billets de blogs qu'elle écrirait pour la BBC sous un faux nom, ou ses autres apparitions médiatiques:

«C'était une enfant. Qui tirerait sur une enfant? La tradition pashtoune veut que tous les enfants soient épargnés.»

Cinq ans plus tard, Ashraf a appris qu'on avait tiré sur Malala depuis l'université de Southern Illinois, où il est doctorant en études des médias:

«J'étais choqué. Je ne pouvais appeler personne. Ce que j'ai fait est criminel. J'ai fait d'une enfant de 11 ans un appât.»

Les autres Malala

Si Malala est devenue un symbole mondial, et est pressentie parmi d'autres pour le prix Nobel de la paix, nous avons oublié les «deux autres écolières», également blessées dans la fusillade de l'automne 2012. Elles s'appellent Kainat Riaz et Shazia Ramzan, et le Wall Street Journal est allé à leur rencontre. Elles sont toutes les deux sous protection policière en permanence, et leurs familles sont aussi devenues des cibles potentielles des Talibans. Leurs voisins leur ont demandé à plusieurs reprises de déménager, craignant des attentats dans leur quartier.

Cécile Dehesdin Rédactrice en chef adjointe

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