Life

Jésus a-t-il partagé son dernier repas avec Ponce Pilate?

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 16.03.2013 à 13 h 44

détail du Christ devant Pilate du Tintoret (1565-1567).

détail du Christ devant Pilate du Tintoret (1565-1567).

Et si Jésus n’avait pas été arrêté un jeudi soir (évènement commémoré par le Jeudi saint) mais un mardi soir? Et s’il avait partagé son dernier repas, non pas avec ses disciples, mais avec Ponce Pilate? C’est la version des évènements contenus dans le Nouveau testament donnée par un texte égyptien âgé de 1.200 ans, dont le site LiveScience se fait l'écho de la récente traduction.

Le manuscrit de ce texte, abandonné dans un monastère copte, a été découvert en 1910, acheté par le financier américain J.P. Morgan et est aujourd’hui exposé à New York. L'universitaire néerlandais Roelof van den Broek en offre une traduction commentée dans le récent livre Pseudo-Cyril of Jerusalem on the Life and the Passion of Christ, que son éditeur présente comme une «vision critique» d'une «compilation d'histoires apocryphes».

On y apprend donc que la Cène aurait eu lieu un mardi; que Ponce Pilate aurait, le vendredi, partagé un repas avec Jésus, puis lui aurait offert de sacrifier son fils unique à sa place; que Judas aurait embrassé Jésus pour l’identifier lors de son arrestation (le baiser de Judas) parce que ce dernier avait la capacité de changer d’apparence, et que le décrire aux soldats romains pour qu’ils l’arrêtent n’aurait eu aucune utilité.

Le texte traduit par Roelof van den Broek est attribué à Saint Cyrille de Jérusalem, qui a vécu au quatrième siècle, mais a probablement été écrit en son nom par une autre personne qui souhaitait «renforcer la crédibilité» de ses propos. Le chercheur a expliqué à LiveScience qu’en Egypte, le texte de la Bible est devenu canonique autour du quatrième ou cinquième siècle, mais que «des histoires et des livres apocryphes sont restés populaires parmi les chrétiens» et qu’il était probable que l’auteur même du texte ne croyait pas pour vrais tous les détails qu’il rapportait:

«Je trouve difficile à croire que ce soit le cas, mais cela l’est peut-être pour certains détails, comme le repas. A cette époque, les gens, même ceux qui étaient éduqués, n’avaient pas une attitude critique envers l’Histoire.»

Le Christian Post rappelle que «dans le passé, de nombreux textes ont offert une version altérée des enseignements traditionnels de la Bible». En septembre dernier, une chercheuse avait ainsi révélé un fragment de texte copte du IVe siècle affirmant que Jésus avait été marié.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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