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Allemagne: 266 néonazis vivent dans la clandestinité

Annabelle Georgen, mis à jour le 12.03.2013 à 17 h 22

Une manifestation du NPD en 1998, REUTERS/Fabrizio Bensch

Une manifestation du NPD en 1998, REUTERS/Fabrizio Bensch

Alors que le très attendu procès de Beate Zschäpe, la seule survivante du trio néonazi qui composait la NSU, une cellule terroriste à qui est imputée une série de meurtres et d'attentats racistes commis au long des années 2000, s'ouvrira en avril prochain, de nombreux néonazis sont encore recherchés par la police allemande.

266 néonazis vivent aujourd'hui dans la clandestinité, parmi lesquels 182 sont toujours recherchés, selon les chiffres communiqués par le gouvernement allemand à la demande du groupe Die Linke au Bundestag, rapporte le quotidien Die Welt, qui s'est procuré une copie du texte.

Mais seuls 44 d'entre eux le sont pour des délits motivés par leur appartenance à l'extrême droite, la plupart étant recherchés pour des délits de fuite ou le non-paiement de pensions alimentaires. Ces individus sont pourtant considérés comme dangereux, explique Die Welt:

«Beaucoup de personnes parmi les 266 clandestins, qui font clairement partie du spectre de l'extrême droite, sont néanmoins considérées par les experts en sécurité comme des “bombes à retardement”.»

En octobre dernier, le ministre de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich (CSU) avait donné un chiffre très inférieur à celui-ci, déclarant au Welt am Sonntag «qu'environ 110 extrémistes de droite» étaient recherchés. Cela tient au fait que jusqu'à récemment les services de sécurité allemands travaillaient de façon très décentralisée. C'est en grande partie en raison de ce manque de coordination entre les différentes instances que le trio néonazi de la NSU a pu rester des années dans l'ombre sans être inquiété.

Les données des services de police des Länder allemands et de l'Office fédéral de la protection de la Constitution ont depuis été croisées et une nouvelle base de données spécialisée sur l'extrémisme de droite a été créée en septembre dernier, présentée comme «une arme miraculeuse» par Hans-Peter Friedrich, comme le rapportait l'hebdomadaire Die Zeit.

Au-delà d'une défaillance sur le plan de la communication entre les différentes instances de sécurité, il est reproché aux autorités allemandes de soutenir indirectement les milieux d'extrême droite en ayant recours à des V-Männer, des indicateurs recrutés parmi les néonazis. Le mois dernier, Bild am Sonntag révélait ainsi qu'un dénommé «Corelli», qui connaissait bien les terroristes de la NSU, avait reçu 180.000 euros de la part de l'Office de protection de la Constitution en échange d'informations sur le milieu musical d'extrême droite pendant 18 ans.

Annabelle Georgen
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Journaliste
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