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L'alcool est source d'énergie chez les gros buveurs

Célésia Barry, mis à jour le 11.03.2013 à 14 h 31

Cocktail Jeda Villa Bali via Flickr CC License by

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L'alcool pourrait fournir de l’énergie au cerveau des gros buveurs, rapporte le site ScienceNews, qui tire cette information d'une étude parue le 8 mars 2013 dans le Journal de la recherche clinique.

Selon cette étude menée par Graeme Manson, de l'université de Yale, aux Etats-Unis, et son équipe, la consommation d'alcool à long terme augmente le niveau d'acétate dans le cerveau, explique ScienceNews. L'acétate est un dérivé de l'alcool riche en énergie, présent notamment dans le vinaigre, ajoute le site. Le mot «acétate» vient d'ailleurs du latin «acetum», vinaigre. Là où un buveur léger élimine l'acétate, un gros buveur pourrait l'utiliser pour produire de l'énergie.

Chez un buveur modéré, qui consomme moins de deux verres d'alcool par semaine, l'acétate est pompé avec le reste de l'alcool par le foie puis diffusé dans tout le corps jusqu'au cerveau. Chez un gros buveur, le cerveau pourrait utiliser cet acétate présent en grande quantité pour produire de l'énergie, comme il le fait avec le sucre.

Pour parvenir à ce résultats, Graeme Manson et son équipe ont recruté quatorze volontaires, sept buveurs légers, qui consomment moins de deux verres par semaine, et sept gros buveurs, qui boivent au minimum huit verres. Les volontaires sobres ont reçu une injection d'acétate marquée par un atome traçable, note ScienceNews, avant de passer une IRM de deux heures.

Lors de cet examen, les scientifiques ont relevé des signaux dans le cerveaux des participants. Ces signaux, indique ScienceNews, variaient légèrement en fréquence lorsque le cerveau brûlait de l'acétate.

L'étude montre que le cerveau des gros buveurs a métabolisé deux fois plus d'acétate que celui des buveurs modérés, et ce deux fois plus rapidement. «L'effet est plus grand que je ne le pensais», déclare Graeme Manson. ScienceNews compare les gros buveurs à une voiture: lorsque celle-ci est à court de carburant, elle passe à l'éthanol pour continuer de rouler. Le même effet se produit chez les gros buveurs. Lorsqu'ils sont à court d'énergie, l'acétate présent dans l'alcool leur donne un regain de force

«Nous savons que dans le foie, le métabolisme de l'acétate provoque une inflammation, explique Graeme Manson au site Medscape. Nous avons plusieurs raisons de croire que c'est également le cas dans le cerveau. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles lorsque quelqu'un boit beaucoup, cela endommage son cerveau.»

Cette énergie supplémentaire est probablement ce qui rend l'alcool si addictif. La découverte de Graeme Manson et de son équipe pourrait contribuer à la conception d'un traitement contre l'alcoolisme, ajoute le site Medscape.

«Il pourrait il y avoir des moyens d'aider les patients à rester sobre avec de l'acétate ou des médicaments qui imitent ses effets, explique le scientifique. Nous devons enquêter pour en connaître l'efficacité, la sureté, le coût et la praticité.»

Célésia Barry
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