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Partager ce que l'on n'aime pas: l'appli pour les haters

Temps de lecture : 2 min

Logo de l'appli «Hater» sur itunes
Logo de l'appli «Hater» sur itunes

Marre de «liker» à tout va les statuts de vos «amis» Facebook, les pensées fugaces et fulgurantes de vos followers sur Twitter, les couchers de soleil et les assiettes de brunchs de vos contacts Instagram? Heureusement, vous allez bientôt pouvoir extérioriser toute votre colère grâce à une appli d’un genre un peu nouveau: Hater.

Comme le détaille le Los Angeles Times, Jake Banks a présenté lors d’une conférence de presse au village des start-up du festival South by Southwest cette appli faite pour «partager les choses que vous détestez avec les personnes que vous aimez», selon les mots du fondateur.

Directeur commercial d’une entreprise new-yorkaise spécialisée dans le développement d’applications pour smartphones, Banks voulait réaliser ses propres applications sociales, et s’est demandé ce qui manquait sur le marché, explique le site Mashable. «Tout ce que vous pouvez faire, c’est “liker” quelque chose, poursuit le créateur de Hater. Et je ne veux pas prétendre être quelqu’un que je ne suis pas, j’ai envie d’être moi-même et de pouvoir dire, “je suis coincé dans les embouteillages et je déteste ça”.»

Concrètement, «c’est un peu comme Instagram, mais avec tout ce que vous détestez». Vous prenez une photo ou téléchargez une image avec votre téléphone, vous la partagez avec la communauté des «haters» et le tour est joué. Sauf qu’au lieu du traditionnel burger instagramé, vous partagez plutôt un truc de hater, comme une photo de vous coincé dans la file d’attente d’un restaurant à la mode...

Faut-il s’enthousiasmer pour cette énième tentative de subvertir le côté effroyablement positif et la dictature du sympa des réseaux sociaux? Aussi tentante que soit la proposition, il paraît difficile d’imaginer une plateforme de partage social sur laquelle les utilisateurs rendraient publics des jugements négatifs, à l’opposé de toute l’étiquette de ces réseaux. D’un autre côté, les professionnels du marketing disent souvent que si un client satisfait d’un produit en parle à 2 personnes, un client insatisfait en parle à 10...

En 2012, l’appli Ennemygraph s’y est déjà essayé, proposant à l’utilisateur de Facebook de déclarer ses «ennemis» en ligne. Mais le résultat est loin d’un repère de haters, puisque la plupart des «ennemis» populaires ne franchissent guère les limites du consensus: Justin Bieber, Rick Santorum et le racisme font ainsi partie des «ennemis» les plus populaires.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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