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À New York, un préservatif suffit à vous faire arrêter pour prostitution

Pamela Duboc, mis à jour le 06.03.2013 à 12 h 05

Préservatifs distribués par la ville de New York.NYC Condom / David Sim via Flickr CC Licence by.

Préservatifs distribués par la ville de New York.NYC Condom / David Sim via Flickr CC Licence by.

Il fait beau, vous traînez dans un quartier pauvre de New York, peut-être attendez-vous votre petit ami qui est toujours en retard. Vous portez un short et un tee-shirt moulants. Dans votre sac, un préservatif.

Vous êtes susceptible d’être interpellé(e) par la police, fouillé(e) et même déshabillée en pleine rue et traité(e) de tous les noms. Si la NYPD trouve votre préservatif, il pourra le confisquer, le jeter ou l’utiliser comme preuve de vos intentions de racolage pour vous placer jusqu'à trois jours en garde à vue.

C’est ce que rapporte l’illustratrice Molly Crabapple dans Vice. L’article lui a été inspiré par une étude du PROS (Providers and Resources Offering Services to sex workers) Network, une organisation visant à venir en aide à tous ceux qui, à New York, s’engagent dans des relations sexuelles rémunérées. L’étude examine dans cinq quartiers «chauds» l’impact de l’utilisation des préservatifs comme preuve de prostitution.

Comme le souligne Molly Crabapple, il y a peu de chances d’être inquiété si vous êtes une femme blanche et riche. Par contre, si vous êtes pauvre, que vous êtes afro ou latino-américain(e), que vous êtes gay, transgenre ou tout cela à la fois, les chances de vous faire interpeller sont très élevées. En effet, selon le rapport du PROS Network:

«87% des personnes arrêtées par le NYPD en 2011 étaient afro ou latino-américaines. Ce modèle augmente radicalement les chances que les femmes et les personnes LGBTQ de couleur soient interpellées et fouillées, et que cette fouille révèle la possession de préservatifs.»

Les policiers sont encouragés à se baser sur des facteurs circonstanciels pour effectuer des interpellations:

«Il est presque inévitable que les gens qui sont —ou sont perçus comme— étant impliqués dans le commerce du sexe seront repérées en fonction de leur appartenance ethnique, leur identité de genre et son expression, [la façon dont ils marchent ou se tiennent], ce qu’ils portent, l’endroit où ils se trouvent ou l’historique des arrestations.»

Comme le rappelle PROS Network, les travailleurs du sexe sont majoritairement déterminés à n’avoir que des relations protégées. Pourtant, selon le rapport:

«La moitié des travailleurs du sexe qui sont allés travailler directement après une confiscation de préservatifs ont eu des relations non-protégées. Par conséquent, les actions de la police pourrait directement résulter en de nouvelles transmissions du VIH.»

Sur le long terme, la crainte d’être arrêtés peut également pousser les travailleurs du sexe à ne plus porter de préservatifs sur eux. C’était arrivé à au moins une occasion pour 45% des personnes interviewées par PROS pour son étude.

Molly Crabapple rappelle que ces actions de la police sont en complète contradiction avec la politique de la ville de New York, qui distribue 40 millions de préservatifs par an.

Pamela Duboc
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