Des selles pour protéger les astronautes de la mission Inspiration Mars

Curiosity survole Mars - Capture d’écran du film 7 Minutes of Terror, à propos de l'atterrissage du rover Curiosity. Nasa.

Si le projet Inspiration Mars aboutit, un couple volera autour de Mars en décembre 2018. Cette mission, une initiative de Dennis Tito, l'Américain devenu le premier touriste de l'espace après avoir payé vingt millions de dollars pour y passer six jours, durera 501 jours.

Lors de ce voyage, les deux astronautes seront exposés à de nombreuses radiations. Pour les protéger, leur vaisseau sera doublé avec de l'eau, de la nourriture... et leurs propres selles, rapporte le site Geek.

L'atmosphère et le champ magnétique terrestre nous protègent des radiations du soleil et des étoiles, mais plus on s'élève en altitude, plus l'exposition aux radiations augmente. Ainsi, les passagers d'un vol Londres-New-York sont exposés à une dose de 0,032 millisievert. En comparaison, un Français est exposé naturellement à 2,4 mSv par an.

Les astronautes, même protégés par leur vaisseau, seraient exposés à une dose de 1 mSv en cas d'éruption solaire, soit l'équivalent de quelques radiographies, note Astrosurf. Mais ce risque est mal connu. C'est la raison pour laquelle un maximum de précautions sont prises.

Dans un vaisseau spatial, il est difficile de se débarrasser des déchets humains, explique Geek. Recycler les selles pourrait donc être un excellent moyen de protéger les astronautes.

«Ca semble un peu dégoûtant, mais il n'y a pas d'endroit pour entreposer les déchets, et ils font de bons boucliers aux radiations», a expliqué Taber MacCallum, membre du projet Inspiration Mars, dont les propos sont rapportés par le site NewScientist. Placées contre les murs du vaisseau dans des sacs, les selles bloqueraient les rayons nocifs en formant une couche de quarante centimètres d'épaisseur.

La nourriture sera également entreposée dans des sacs contre le mur, indique Geek. Elle arrêtera les radiations sans les absorber. L'eau potable, de l'urine recyclée et traitée, servira aussi de bouclier.

Il reste un problème que l'équipe d'Inspiration Mars doit résoudre: l'odeur et la vue des conteneurs. Conserver des sacs de fèces n'est pas sans conséquences olfactives et visuelles, signale NewScientist. Pour l'instant, Taber MacCallum en plaisante encore:

«Espérons au moins qu'ils ne soient pas transparents.»