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Porno, sextoys et yoga: le faux évêque qui a perturbé le conclave est connu pour ses excentricités en Allemagne

Temps de lecture : 2 min

Le dôme de la basilique Saint-Pierre se reflétant dans une flaque d'eau. REUTERS/Eric Gaillard.
Le dôme de la basilique Saint-Pierre se reflétant dans une flaque d'eau. REUTERS/Eric Gaillard.

Le faux évêque qui est parvenu, lundi 4 mars, à s'immiscer parmi la centaine de cardinaux rassemblés au Vatican pour préparer le conclave lors duquel sera élu le successeur de Benoît XVI n'en est pas à sa première imposture.

Celui qui prétend répondre au prénom de Basilius et faire partie de «l'Église orthodoxe italienne», un ordre religieux qui n'existe pas, s'appelle en réalité Ralph Napierski et a la nationalité allemande. Ce Berlinois excentrique se fait passer pour un évêque depuis des années, explique le tabloïd Bild:

«Ce n'était pas la première fois que Napierski menait une action en habits d'Église. Sur son blog, il expose fièrement des clichés pris sur le vif où on le voit aux côtés de responsables politiques et de dignitaires de l'Église. Il a entre autres pris en photo l'ancien président du conseil de l'Église évangélique, l'évêque Wolfgang Huber, et l'ex-ministre de l'Éducation, Annette Schavan.»

Sur l'un de ses autres blogs, il fait l'apologie du «yoga de Jésus», une nouvelle forme de prière qui consiste à méditer en posture de yoga au milieu de croix chrétiennes. Le faux évêque aime aussi attirer l'attention en se rendant au Salon de la pornographie, en prenant la pose à côté d'une femme nue ou en donnant des interviews fantaisistes à la presse allemande. En 2011, il faisait ainsi part de ses positions très libérales dans une interview au site d'information Express.de:

«L'Église ne doit pas faire du sexe un tabou. C'est exactement cela qui conduit à la clandestinité et à la consommation de porno, jusqu'à la dépendance au porno sur internet, qui détruit les couples. Une sexualité épanouie au sein du couple est un fondement important de la société. Il est important que l'Église s'implique en faveur d'une attitude saine vis-à-vis de la sexualité et l'utilisation de sextoys.»

Il allait même jusqu'à assimiler le sadomasochisme à une pratique catholique :

«Le BDSM n'a tout d'abord rien à voir avec le sexe mais est un terme générique qui désigne des pratiques qui sont souvent liées à des expériences spirituelles. Ces pratiques ont une longue tradition au sein de l'Église catholique et sont aujourd'hui encore vécues activement. Beaucoup de saints y ont également eu recours, comme par exemple saint Ignace de Loyola ou sainte Catherine de Sienne.»

Ses excentricités ne lui attirent évidement pas la sympathie de l'Église allemande, qui le considère comme un perturbateur, comme l'a déclaré Matthias Kopp, porte-parole de la Conférence des évêques allemands, à Bild:

«Monsieur Napierski est connu ici. Il prétend être un évêque catholique. Nous le contestons: il ne figure pas dans l'Annuario Pontifico, l'annuaire du Pape, dans lequel tous les évêques catholiques légitimes sont recensés. En conséquence, nous ne pouvons reconnaître qu'il est "en union avec l'Église catholique". Je considère en outre son comportement, cette façon qu'il a de gêner la préparation du conclave, comme inacceptable.»

Annabelle Georgen Journaliste

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