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Un diplomate américain se plaint de la tradition des négociations arrosées à l‘Onu

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 05.03.2013 à 10 h 42

REUTERS/Tony Gentile.

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Embarrassant. Lors de l’Assemblée générale consacrée aux négociations budgétaires de l'Onu, l'ambassadeur pour le management et la réforme de l’organisation, l’américain Joseph Torsella, a demandé à ses collègues de cesser d’arriver ivres lors des négociations annuelles.

Certes, a admis celui que The Atlantic Wire surnomme Joseph «The fun police» Torsella, «il y a toujours eu une tradition responsable tolérant un peu d’alcool pour améliorer la conduite des négociations», mais il y a tout de même des limites et les salles de négociation devraient être à l’avenir «des zones sans ébriété», a-t-il proposé.

L’ambassadeur s’est aperçu que plusieurs négociateurs du Groupe des 77 —qui rassemble les pays en développement et compte désormais 132 membres, mais continue à être appelé Groupe des 77— ne venaient pas en réunion ou que lorsqu’ils apparaissaient, ils avaient trop bu auparavant. Et Torsella de rappeler qu’un membre du Groupe des 77 était tombé malade après une cuite trop sévère. «Une fois, le preneur de notes censé enregistrer les discussions était tellement intoxiqué qu’il a du être remplacé», a aussi déclaré un diplomate à la presse sous couvert d’anonymat, relate The Atlantic Wire.

Loin d’être un cas isolé, l’alcoolisme mondain serait une tradition bien installée lors de ces négociations. Foreign Policy explique que lors des sessions finales de négociation du budget annuel, en fin d’année, certaines délégations ont pour habitude de déboucher quelques bouteilles quand les sessions se prolongent en soirée. «Dans certains cas, poursuit le site, boire fait partie intégrante des négociations: c’est un lubrifiant social pour adoucir les positions des adversaires.» C'est aussi une stratégie «pour repousser la décision aux heures finales de la session, quand les négociateurs ont tous envie de rentrer chez eux pour les vacances et que les concessions sont plus faciles à obtenir».

Sauf que la tradition a ses travers et que certains en abusent. «D’ailleurs, il ne s’agit pas que des Africains, pointés par certains, mais aussi des Russes», poursuit un diplomate du Conseil de sécurité, habitué à ces négociations marathon sur le budget. «Et il n’y a rien de nouveau ni de surprenant à cela. Les Canadiens apportaient du whisky, les Français des bouteilles de vin», souligne-t-il. Les Nations unies de l’alcool?

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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