Monde

Angela Merkel refuse d'élargir les droits des couples homosexuels

Annabelle Georgen, mis à jour le 05.03.2013 à 9 h 46

Angela Merkel, le 15 mai 2012. REUTERS/Tobias Schwarz.

Angela Merkel, le 15 mai 2012. REUTERS/Tobias Schwarz.

Après deux semaines de débats qui laissaient espérer aux couples homosexuels allemands —qui n'ont pas le droit de se marier— un alignement de leurs droits sur ceux des couples hétérosexuels sur le plan fiscal, le parti d'Angela Merkel a finalement décidé de faire machine arrière, rapporte le quotidien Der Tagesspiegel. Trois-quarts des Allemands se prononcent pourtant pour une égalité de traitement des couples homosexuels, d'après un sondage paru dans l'hebdomadaire Stern, parmi lesquels 64% des électeurs de la CDU.

C'est un jugement rendu par le Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe en février dernier qui, en élargissant les droits des couples de même sexe dans le domaine de l'adoption, a relancé le débat. Cette décision de justice sans précédent, qui permet désormais aux deux partenaires d'un couple d'adopter un enfant [1], a déclenché la zizanie chez les chrétiens-démocrates, très divisés sur la question.

Tandis qu'Horst Seehofer, chef de la CDU, a déclaré que ce jugement «ne reflète pas la nécessité sociétale et la réalité» et reproché au tribunal d'interférer dans la sphère politique, comme le rapporte l'hebdomadaire Die Zeit, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble s'est prononcé en faveur d'une égalité fiscale pour les couples homo, déclarant au quotidien berlinois Tagesspiegel:

«Si la CDU entend rester un parti populaire, elle doit prendre en considération l’évolution des réalités.»

Le Tribunal constitutionnel fédéral étant amené à se prononcer sur la question l'été prochain, la direction de la CDU a fait savoir qu'il n'y avait donc pas lieu de statuer sur la question avant cette échéance. Pour Die Süddeutsche Zeitung, Angela Merkel tente de gagner du temps à tout prix, à l'approche des élections fédérales, car elle craint de froisser la frange la plus conservatrice des électeurs de son parti:

«La façon hésitante avec laquelle la chancelière a conduit le débat n'a montré qu'une chose: une fois l'élection passée, il ne sera plus possible de refuser la réalité de la Constitution. Une conviction profonde qui s'est manifestée sous la forme d'une décision de justice s'est ainsi transformée en l'espace de quelques semaines en posture tactique pour ne pas prendre la base des électeurs à rebrousse-poil.»

[1] Un enfant adopté au préalable par l'un des deux partenaires peut désormais être également adopté par l'autre partenaire. Revenir à l'article

Annabelle Georgen
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