Monde

Mali: un troisième soldat tué, le sort des otages inquiète

Temps de lecture : 2 min

Cédric Charenton AFP PHOTO / HO / SIRPA
Cédric Charenton AFP PHOTO / HO / SIRPA

C'est dans l'extrême Nord-Est du Mali, là où sont a priori détenus les otages français, qu'un soldat a été tué samedi 2 mars, rapporte France Info ce dimanche, dans l'un des combats les plus violents conduits dans le pays. Le soldat français, un parachutiste de 26 ans, Cédric Charenton, «montait à l'assaut d'une position ennemie» dans «une région montagneuse proche de la frontière algérienne où se sont retranchés les groupes jihadistes».

Cette mort, la troisième depuis le début de l'intervention de la France au Mali à la mi-janvier, intervient alors que la mort de deux chefs islamistes ont été annoncées ces derniers jours.

Situation opaque

D'abord celle, présumée, d'un des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI): Abdelhamid Abou Zeid. Cette annonce, faite par le président tchadien Idriss Déby, n'a pas été confirmée par la France. Mais déjà des sources tchadiennes annonçaient une nouvelle mort samedi: celle de Mokhtar Belmokhtar, chef islamiste considéré comme l'homme ayant revendiqué la prise d'otages d'In Amenas, dans le Sahara algérien, lors de laquelle 37 otages étrangers ont été tués. Là encore, la France n'a pas souhaité confirmer.

Ces deux morts, ainsi que la neutralisation (donc mort ou blessure), selon l'état-major français, d'«au moins une quinzaine» de combattants islamistes sont loin d'indiquer la fin des organisations terroristes islamistes au Mali selon , chroniqueuse du Point. Elle explique:

«Il serait naïf de croire que la mort d'Abou Zeid et celle de Mokhtar Belmokhtar, si elles étaient confirmées, marqueraient la fin d'Aqmi au nord du Mali, et encore moins celle d'al-Qaida au Maghreb islamique. Pas plus que la mort d'Oussama Ben Laden n'a été la fin d'al-Qaida, même si elle a porté un rude coup à l'organisation basée en Afghanistan. Pour être le plus connu des combattants d'Aqmi dans le nord du Mali, Abou Zeid n'en était pourtant pas le chef. Aqmi compte d'autres groupes armés que la katiba (compagnie, NDLR) d'Abou Zeid, et, au nord du Mali, les militaires français et africains affrontent aussi les hommes du Mujao (des Arabes et des Africains) et les Touareg d'Ansar Dine».

La mort des chefs et les otages

Si la France a refusé de confirmer les morts de ces chefs, c'est notamment parce que le sort des otages leur est potentiellement lié. Au Monde.fr, Anne Giudicelli, spécialiste du terrorisme expliquait ainsi: «La France ne veut pas être en première ligne sur ce type d'annonce, d'abord car la guerre n'est pas finie, ensuite en raison des otages. La non confirmation par Paris maintient un certain flou qui minimise l'événement. Ca permet de ne pas alimenter les velléités de représailles».

Pascal Lupart, président du comité de soutien à deux Français enlevés en novembre 2011 au Mali, expliquait samedi que si Abou Zeïd avait bien été tué, les otages pourraient se retrouver aux mains de «seconds couteaux», rappelle Le Monde.fr «C'est une angoisse permanente» disait alors Pascal Lupart.

L'espoir possible, selon Mireille Duteuil, réside dans les successeurs de ces deux chefs présumés morts, si jamais ils étaient plus enclins à négocier une libération des quinze otages français encore détenus.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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