Al-Qaida publie la liste de ses pires ennemis, incluant Charb et Salman Rushdie

Capture d'écran

Dans Inspire, le magazine de recrutement d’Al-Qaida, qui tire son nom d'un verset du Coran incitant les croyants à dépasser leur peur de la mort et à se battre pour la cause d'Allah, l’organisation terroriste publie la liste de ses ennemis jurés, sous le titre «Wanted: Dead Or Alive for Crimes Against Islam» (Recherchés, morts ou vifs, pour crimes contre l’Islam) rapporte The Atlantic. Le magazine américain précise: 

«Et si ce qu’ils veulent n’était pas assez clair pour vous, la liste inclut aussi une image de l’un des hommes recherchés, le pasteur, incendiaire de Corans, Terry Jones, prenant une balle dans la tête. Et avec pour légende, "Yes We Can: A Bullet A Day Keeps the Infidel Away" (yes we can: une balle par jour maintient les infidèles à distance)»

The Atlantic explique que le point commun entre les personnes présentes sur cette liste:

«le point commun entre tous n’est pas d’avoir tué des musulmans ou même mené une guerre contre Al-Quaida directement. Non, le plus grand crime imaginable est d’avoir insulté le prophète Mohammed, ce dont la plupart de ces gens– si ce n’est tous- admettraient volontiers être coupables».

Parmi les personnes recherchées, figure notamment Charb, directeur depuis 2009 de Charlie Hebdo: l’hebdomadaire satirique avait publié les caricatures du journal danois Jyllands-Posten, représentant le prophète, en 2006, et de nouveau celles de ses propres dessinateurs en 2012. Alors que le journal avait été accusé de faire de la provocation, voire de l'islamophobie, Charb avait assuré qu'il fallait se moquer sans cesse des religions, pour le bien de la laïcité et de la liberté d'expression: «Il faut continuer jusqu'à ce que l'islam soit aussi banalisé que le catholicisme» assurait-il alors, en septembre. Et quant au danger potentiellement encouru à cause des publications, il déclarait n'avoir pas reçu de menace «pour l'instant», ajoutant:

«Ça fait un an qu'on est protégés par la police depuis l'incendie des locaux, si c'est la condition pour s'exprimer librement en France, on sera protégés par la police comme la police protège la liberté des Français».

L'écrivain Salman Rushdie figure également sur la liste. Accusé de blasphème pour Les Versets sataniques, vivant sous le coup d'une fatwa lancée contre lui par l'Ayatollah Khomeiny (qu'il raconte dans un récit autobiographique, Joseph Anton) Rushdie vient de nouveau de voir la haine attisée contre lui. La fondation iranienne religieuse du 15 Khordad, a refait surface en 2012 en élevant la prime à... 3,3 millions de dollars pour obtenir sa tête.

En 2010, nous vous expliquions sur Slate que le projet du magazine Inspire était probablement mené par Samir Khan, un ancien résident de Caroline du Nord alors âgé de 24 ans, qui s’était fait remarquer en 2003 pour avoir entretenu un des sites d’Al-Qaida les plus populaires et les plus radicaux.