Monde

«3096 jours»: le calvaire de Natascha Kampusch adapté au cinéma

Temps de lecture : 2 min

Amelia Pidgeon dans «3096» © Constantin Film Verleih
Amelia Pidgeon dans «3096» © Constantin Film Verleih

La première de 3096 jours, un film de Sherry Hormann qui raconte la vie en captivité de l'Autrichienne Natascha Kampusch, enlevée sur le chemin de l'école à l'âge de 10 ans et séquestrée durant huit ans dans une cave dans la banlieue de Vienne, a eu lieu lundi soir dans la capitale autrichienne.

Natascha Kampusch en personne était dans la salle, mais la consigne avait été donnée aux journalistes de ne pas lui poser de questions, comme le rapporte le Berliner Zeitung dans le reportage qu'il consacre à la soirée:

«La jeune femme de 25 ans prend la pose avec un sourire crispé sous les crépitements des flashs, vêtue d'une robe imprimée noire et rouge et de bottines rouges. Visiblement dérangée par les appels “Natascha, comment vas-tu?” lancés par les douzaines de journalistes qui, malgré l'interdiction d'interview qui avait été convenue, veulent encore happer un mot au passage. La première aurait été pour elle un événement très émouvant, intensif et extraordinaire, a-t-elle fait savoir à DPA [l'équivalent de l'AFP en Allemagne NDLR]. Elle serait encore profondément émue.»

Natasha Kampusch a évidemment donné son accord pour que son histoire soit portée à l'écran, a même assisté au tournage, et une grande partie du scénario se fonde sur l'autobiographie qu'elle a publié en 2010. Mais là où le livre ne contenait pas une ligne sur les relations sexuelles contraintes qu'elle a eu avec son ravisseur –«c'était le dernier résidu de vie privée qu'elle voulait préserver», rappelle le quotidien Bild– le film montre des scènes de viol.

C'est pour cette raison qu'elle a d'abord été si difficile à convaincre, comme le rappelle le journal autrichien Salzburger Nachrichten:

«La gestation du film a été difficile: Kampusch a longtemps été contre, mais le producteur allemand Bernd Eichinger (La Chute) a pris contact avec elle, l'a invitée à la maison, chez lui et sa femme, jusqu'à que Kampusch ait confiance et accepte

Dans une interview à l'hebdomadaire Die Welt am Sonntag, la jeune femme explique avoir refusé de nombreuses demandes d'adaptation à l'écran, et avoir accepté celle-ci parce que son histoire y était traitée avec «beaucoup de prudence». Le film semble d'ailleurs avoir eu une fonction cathartique pour elle:

«C'était étonnant de voir le coupable, de voir qu'il a tout pour lui en haut, de la lumière et de la place, de le voir quitter la maison, plaisanter avec sa mère dans le jardin, alors qu'il sait qu'en bas, quelqu'un est enfermé dans la cave. J'ai réalisé en voyant le film à quel point il fallait être détraqué.»

Annabelle Georgen Journaliste

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