Monde

Des Palestiniens emprisonnés en Israël deviendraient pères en faisant sortir leur sperme clandestinement

Grégoire Fleurot, mis à jour le 25.02.2013 à 10 h 54

Installation de biberons pour marquer la journée de l'eau, à Berne, le 22 mars 2010. REUTERS/Pascal Lauener.

Installation de biberons pour marquer la journée de l'eau, à Berne, le 22 mars 2010. REUTERS/Pascal Lauener.

Est-il vraiment possible pour la femme d'un prisonnier palestinien enfermé dans une prison israélienne de faire sortir du sperme de son mari pour se faire inséminer, et ainsi lui donner une progéniture? C’est en tous cas ce qu’affirme le docteur Salim Abu Khaizaran, chef du centre spécialisé dans l’infertilité de la ville de Ramallah, à NBC News. Pourquoi organiser de telles «évasions»?

«Pour aider ces femmes parce que, en tant que docteurs, nous pensons que les femmes de prisonniers payent un prix très élevé», explique-t-il:

«Elles doivent attendre leur mari, et parfois passer tout leur belle jeunesse à attendre. Et quand le mari sort, beaucoup d’entre elles ne peuvent plus avoir de bébés. Les femmes sont doublement punies parce que la communauté met la pression sur les maris pour qu’ils épousent une autre femme pour remplir leur devoir de père… ce que je trouve très triste.»

Le premier cas médiatisé en France remonte à l’été 2012. L’AFP racontait alors l’histoire de Dallal Ziben, 32 ans, qui avait accouché d’un enfant de son époux Ammar, un militant du mouvement islamiste Hamas condamné pour des attentats anti-israéliens, et qui purge 32 peines de prison à perpétuité dans une prison israélienne. 

Début février, le docteur Khaizaran confiait au New York Times qu’il aidait 50 femmes à tomber enceinte avec le sperme de leur mari sorti clandestinement des prisons israéliennes, dont quatre l'étaient actuellement. Mais lui comme toutes les femmes interrogées par la presse internationale sur le sujet refusent de dévoiler la méthode utilisée pour faire sortir le sperme de prison, tandis que les autorités carcérales israéliennes affichent leur scepticisme face à de tels exploits.

Il faut dire que les visiteurs de prison doivent subir un scanner similaire à ceux des aéroports, une fouille corporelle et doivent laisser tous leurs effets personnels dans un casier avant de voir leur proche. Surtout, ils sont séparés par une vitre et parlent à travers un téléphone. Le témoignage de cette mère récolté par NBC News ne dissipera pas le mystère:

«Si je vous disais comment nous l’avons fait, l’armée l’empêchera de se reproduire et nous ne voulons pas priver d’autres prisonniers de la même chance que nous.»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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