Monde

Des chercheurs exhument des vestiges d'un microcontinent englouti sous l'île Maurice

Temps de lecture : 2 min

Rodrigues (Mauritius) East / klabbo via Flickr CC License by.
Rodrigues (Mauritius) East / klabbo via Flickr CC License by.

Les vestiges d’un ancien microcontinent englouti pourraient être éparpillés sous les eaux de l’océan Indien, écrit le journal Nature à propos d’un article publié dans la revue scientifique Nature Geoscience par une équipe de chercheurs norvégiens, sud-africains, allemands et britanniques.

C’est sur l’île Maurice, située à 900 kilomètres à l’est de Madagascar, que des indices ont été trouvés par le géologue Bjørn Jamtveit de l’université d’Oslo, après une analyse de grains de sable recueillis sur une plage mauricienne. Alors que la roche locale la plus ancienne date de 8,9 millions d’années, le chercheur a découvert du zircon (petit cristal de zirconium) mélangé à d’autres granites, datant d’au moins 660 millions d’années. Un échantillon de zircon remonterait même à 1,97 milliards d’années.

C’est ce zircon, provenant d’une ancienne croûte terrestre, que l’activité volcanique «récente» de l’île (il y a 61 à 84 millions d’années) aurait fait remonter à la surface. Des analyses du sol sous-marin de l’océan Indien révélant que la croûte est par endroits beaucoup plus épaisse, atteignant 25 à 30 kilomètres au lieu de 5 à 10, donnent crédit à l’hypothèse d’un ancien continent qui se serait décroché de l’île de Madagascar. Car cette dernière est la zone la plus proche qui aurait pu produire du zircon, et il existe un consensus pour dire que cette matière n’a pu être déplacée ni par des humains ni par le vent.

Le continent a été baptisé «Mauritia» par l’équipe. Les chercheurs pensent que des traces se trouvent aussi sous l’île de la Réunion et l’archipel des Seychelles. L’hypothèse d’un ancien continent expliquerait d’ailleurs l’anomalie géologique que constituent ces îles pour les géologues, écrit The Australian.

Menée sérieusement avec des outils techniques modernes, comme des reconstructions de plaques tectoniques ou des analyses de géophysique sous-marine, l’étude reflète l’ancienne fascination pour les continents perdus, poursuit le quotidien australien.

Et bien évidemment, une telle découverte ravive le mythe de l’Atlantide, continent perdu cité par le philosophe grec Platon dans deux de ses textes. Un continent mythique qui, pour sa part, n’a pas encore été découvert.

Il y a quatre ans exactement, le 20 février 2009, le tabloïd britannique The Sun annonçait avoir trouvé sur Google Map la localisation du continent englouti. Quelques heures plus tard, Google expliquait que les lignes visibles au fond de l'océan n’étaient que les traces non enlevées des bateaux équipés de sonars qui relèvent les données sous-marines, comme l’expliquait Slate.fr à l’époque.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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