Economie

Déficit public: Bruxelles met la France au pied du mur

Slate.fr, mis à jour le 23.02.2013 à 10 h 23

S'il y avait encore le moindre doute sur la gravité de la situation budgétaire de la France, il vient d'être balayé par les prévisions que la Commission Européenne a publié vendredi 22 février dans la soirée. Selon Bruxelles, la croissance économique en France sera cette année de 0,1% contre 0,8% attendus encore officiellement il y a quelques jours par le gouvernement. Conséquence: Paris va enregistrer un déficit public de 3,7% de son PIB fin 2013, bien loin de l'objectif des 3% pourtant présenté comme «intangible» depuis le mois de mai et l'élection de François Hollande à la Présidence de la République. Plus problématique encore, si aucune réforme de structure n'est faite, le déficit public de la France recommencera à augmenter en 2014, à 3,9% du PIB, en dépit d'une croissance qui devrait repartir modestement à 1,2%, toujours selon la Commission.

Bruxelles est aussi pessimiste sur l'évolution du chômage. «Dans le contexte actuel de la stagnation de l'activité économique (...) les employeurs sont susceptibles de se concentrer davantage sur la restauration de la productivité, au détriment des créations d'emplois», estime la Commission européenne qui prévoit un taux de chômage culminant à 11% en 2014, après 10,7% en 2013 et 10,3% en 2012.

A en croire la Commission, l'économie française se portera donc encore plus mal en 2014 qu'en 2013 qui est déjà une plus mauvaise année que 2012. Une descente aux enfers... sauf si la France est capable de se changer et de s'adapter. Vaste débat. Le message de Bruxelles est en tout cas clair. La France doit faire des réformes pour améliorer sa compétitivité et doit réduire ses dépenses publiques comme l'ont fait la quasi-totalité des autres pays européens sinon elle deviendra bien l'homme malade de l'Europe.

Un message reçu à Paris ou Pierre Moscovici, le ministre de l'économie, a promis dès vendredi que la France poursuivrait ses «efforts». Il a énuméré les chantiers du gouvernement pour faire des économies de 60 milliards d'euros sur les dépenses publiques en cinq ans: réformes des retraites, de la politique familiale, des aides aux entreprises. Les ministères ont été appelés à la mi-janvier par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à réduire leurs dépenses. Le gouvernement a avancé de trois mois l'envoi des lettres de cadrage pour l'élaboration du budget pour 2014. Tous les ministères seront mis à la diète. Ainsi que les collectivités locales. L'objectif affiché du gouvernement est d'atteindre l'équilibre budgétaire structurel en 2017.

Dans le même temps, la Commission fait preuve d'une certaine mansuétude. Il n'est pas question de sanctions, comme cela est maintenant prévu dans les textes, en cas de dérapage budgétaire d'un Etat membre. Par ailleurs, le Commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, n'exclut pas d'accorder à la France un délai jusqu'en 2014 pour ramener le déficit à 3%. La Commission examinera cette possibilité au printemps quand la France aura présenté son programme de réformes pour les années à venir. Il faudra donner des gages.

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