Monde

Espionner tout Londres en un jour

Pamela Duboc, mis à jour le 22.02.2013 à 12 h 28

Une terrasse privée photographiée par Jeffrey Martin pour 360 Cities. Dossier de presse

Une terrasse privée photographiée par Jeffrey Martin pour 360 Cities. Dossier de presse

Voir Londres en un jour. C’est l’expérience que se targue de vous offrir le groupe BT (British Telecom) avec son outil en ligne «London in 320 Gigapixels». Le tabloïd britannique The Daily Mail énumère les caractéristiques du panorama interactif, composé de 48.000 images collectées sur trois jours par quatre appareils photos.

Le résultat? Google Street View avec une meilleure résolution et photographié d’au-dessus. Toute la différence est là: les photos sont prises sous tous les angles, depuis la dixième plus haute tour de Londres (la tour BT). L’outil se révèlera sans doute addictif pour tout voyeur qui se respecte. Il est en effet possible de zoomer sur de nombreuses fenêtres. Ceci n’a pas échappé aux utilisateurs de l’outil. Dans un des commentaires les mieux notés en réaction à l’article du Daily Mail, Rocker s’exclame, non sans humour:

«OK ça marche, commençons à zoomer sur les fenêtres pour voir si je peux trouver des dames nues........»

Francis S. Key, un usager de San Francisco, regrette quant à lui les floutages de Google Street view:

«[…] j’ai vu un homme faire la vaisselle (impressionnant!) et beaucoup d’appartements mal rangés et beaucoup de bien rangés […] Google avait la même résolution et tout le monde a fait une crise… j’aurais voulu qu’ils la laissent. On pouvait voir plusieurs personnes faire des choses qu’ils n’auraient pas dû

On peut encore zoomer sur cette image et voir les visages des joueurs. Photo par Jeffrey Martin. Dossier de presse.

Le Daily Mail, dithyrambique, légende un détail montrant une jeune femme: «l’image interactive vous permet de zoomer à un niveau de détail incroyable, que ce soit pour regarder le Shard [tour pointue inaugurée en 2012] ou peut-être pour vous reconnaître en train de marcher dans la rue».

Selon Nick Pickles, co-directeur de Big Brother Watch, groupe de pression britannique de défense des libertés civiles et de la vie privée, interviewé par téléphone:

«Il n’y a pas besoin de demander la permission pour prendre des photos des gens dans les lieux publics. La seule manière de se défendre pour ceux qui apparaissent sur le panorama serait d’évoquer le Data Protection Act, parce que ces photos ont été mises sur Internet sans leur autorisation. Cela dit, il y a eu de nombreux cas similaires qui n’ont pas abouti.»

Le Royaume-Uni compte une caméra de surveillance pour 32 personnes (1.850.000 en tout) et la loi protège peu l’image des individus. Certains sites proposent même de payer pour accéder en direct aux images de ces caméras et signaler d’éventuels crimes.

Ceux photographiés en pleines activités «chaud les marrons» (selon un commentaire de Stuart, qui indique vaguement où retrouver l’image) au travers de leurs fenêtres, pourraient pour leur part saisir la justice en évoquant l’article 8 du Human Rights Act de 1998. Celui-ci reconnaît à chacun le droit au respect de la vie privée et familiale à la maison.

[Article mis à jour avec des précisions sur la protection de la vie privée]

Pamela Duboc
Pamela Duboc (60 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte