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Aux Etats-Unis, un poisson sur trois porte une étiquette fausse

Temps de lecture : 2 min

Escolier serpent.  Snake mackerel (Gempylus serpens)   NOAA-PIRO Observer Program  Wikimedia Commons, domaine public
Escolier serpent. Snake mackerel (Gempylus serpens) NOAA-PIRO Observer Program Wikimedia Commons, domaine public

Alors que les Européens enragent d’avoir pris du cheval pour du bœuf, les Américains pourraient bientôt s’offusquer d’avoir mangé du poisson-chat en croyant se délecter de morue.

Le New York Times rapporte les résultats d’une étude menée entre 2010 et 2012 par l’organisation de protection des océans Oceana. Dans plusieurs régions des Etats-Unis, un poisson testé sur trois était mal étiqueté, que cela soit sur les marchés, dans les restaurants ou dans les supermarchés. La Californie du Sud est la région où l’on peut le moins faire confiance à son poissonnier, puisqu’Oceana y a trouvé 52% de fraude.

Globalement, les pires endroits pour manger les poissons que l’on veut seraient les sushi bars, puisque dans tous ceux testés à New York a été retrouvé du poisson mal étiqueté. Ils arrivent en tête du classement dans toutes les villes. Dans le classement des plus fraudeurs viennent ensuite les petits marchés, les restaurants et enfin les grands supermarchés, dans lesquels on n’a qu’une chance sur dix de se faire arnaquer.

Le problème de la substitution est le plus inquiétant lorsqu’il concerne un poisson dangereux. Ainsi, la Food and Drug Administration (FDA) conseille aux populations sensibles (les femmes enceintes notamment) de ne pas manger de poissons de la famille des Malacanthidae (tilefish), en raison de leur haute teneur en mercure. L’enquête d’Oceana a trouvé ce poisson étiqueté comme du vivaneau et du flétan, des poissons qui sont considérés comme plus sains.

Selon la scientifique qui a dirigé l’étude, Kimberly Warner citée dans le New York Times, une partie du problème vient probablement des ressemblances entre les très nombreuses espèces de poissons qui se prennent dans les filets des pêcheurs. Le reste serait de la fraude pour vendre plus cher certains poissons.

L’étude a ainsi trouvé treize espèces de poissons étiquetées comme du vivaneau campèche. Ce poisson originaire du Golfe du Mexique et d’Indonésie connaît un franc succès qui a fait grimper les prix. La tentation de la fraude est donc très grande. La morue est régulièrement remplacée par l’un des poissons les moins chers du marché, le panga, un poisson-chat asiatique. Deux tiers des saumons étiquetés «saumon sauvage» sont en réalité des saumons d’élèvage.

C’est encore pire pour la star des sushis, le thon, qui a été testé comme n’en étant pas dans 94% des échantillons à New York. Il est régulièrement remplacé par l’escolier serpent, auquel il ne ressemble pas du tout, redoutable à cause des toxines qu’il contient. Consommé en trop grandes quantités (plus de 150g), il provoque de violentes diarrhées.

Une enquête de l’ONG Océan 2012 avait déjà révélé des pratiques similaires en Europe.

Pamela Duboc

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