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Pourquoi les homos et les femmes hétéros sont amis

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 19.02.2013 à 11 h 06

Julia Roberts et Rupert Everett dans Le Mariage de mon meilleur ami, de P.J. Hogan

Julia Roberts et Rupert Everett dans Le Mariage de mon meilleur ami, de P.J. Hogan

Les amitiés fréquentes entre des femmes hétéros et des hommes homos, largement représentées par la pop culture, s’expliquent, selon une étude publiée par la revue Evolutionary Psychology. L’une des raisons: «leur capacité unique à fournir des conseils lucides concernant les relations amoureuses», selon le Pacific Standard, qui rapporte la publication de l’étude.

«Selon nos découvertes, les femmes hétérosexuelles et les hommes homosexuels perçoivent les conseils d’accouplement donnés réciproquement comme plus fiables que des conseils similaires prodigués par d’autres individus», écrit dans la revue Evolutionary Psychology (PDF) l’équipe menée par le psychologue Eric Russell, de l’University of Texas.

Selon l’étude, la confiance accordée par une femme hétéro à une autre, ou par un homo à un autre, est limitée par une possible concurrence. La confiance accordée par une hétéro à un hétéro ou par un homo à un homo, est limitée par la possible volonté de séduire et l’enjeu sexuel ou de séduction qu’il peut exister entre eux.

Mais cette explication n’est que partielle et l’amitié entre les hommes homosexuels et les femmes hétéros sont parfois le simple reflet de relations où le désir est par définition mis de côté, à l’inverse d’une relation entre un homme et une femme hétéros.

La peur du masculin

Dans un article de Psychologies Magazine de 2001 (par ailleurs non dénué de clichés et de théories que, espérons-nous, l’on n’écrirait sans doute plus dix ans plus tard), la psychanalyse et psychiatre Elsa Cayat, auteure de Le désir et la putain: les enjeux cachés de la sexualité masculine, était interviewée et soulignait qu’une telle amitié équivalait à «se débrouiller pour maintenir la relation impossible et s’exposer à la frustration. C’est adopter une approche conjuratoire de l’homme [pour la femme], s’en approcher tout en se protégeant d’une relation amoureuse réelle.»

Un peu plus loin, la psychanalyste poursuivait:

«Ce qui est fondamental chez elles, c’est la peur du désir masculin. Elles voient le désir sexuel de l’homme comme un abus, une véritable violence, alors que, derrière, il y a de l’amour. Cette peur d’être salie par le désir de l’autre, cette peur que “ça-lie”, tient à une histoire, à des relations qui se sont mal passées au moment de l’œdipe, à une relation “incestueuse” fantasmée avec le père. Ce qui a été mal géré du côté du père l’est également du côté de la fille.»

Il ne faudrait pas oublier non plus que ces amitiés peuvent ne pas se définir par le sexe de l’un ou de l’autre. Dans une autre interview accordée à Psychologies Magazine la même Elsa Cayat, soulignait que ces amitiés entre femmes et homos ne sont remarquables que lorsqu’elles sont exclusives des autres: «Il n'y a rien de symptomatique dans l'amitié que peuvent entretenir une femme et un homme homosexuel. Tout simplement parce qu'il s'agit d'une relation entre deux êtres humains, que l'on ne se permettra certainement pas de définir en fonction de leurs penchants sexuels.»

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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