Les enfants d'Hitler: comment vivre en étant la nièce de Göring ou le petit-fils de Höss

Les accusés de Nuremberg Marion Doss via Flickr CC License by

Il y a des familles plus difficiles à assumer que d'autres. Niklas, Rainer, Katrin et Bettina en témoignent. Dans le documentaire Les Enfants d'Hitler, ils racontent leur vie en tant que descendants de criminels de guerre, rapporte the Atlantic.

Bettina Göring est la petite nièce d'Hermann Göring, commandant en chef de la Luftwaffe, l'armée de l'air nazie. «Nous pensions que nous étions des descendants de héros. Et nous découvrons que ces "héros" sont des tueurs de masse», témoigne-t-elle dans le documentaire. La jeune femme et son frère se sont fait stériliser.

«Nous ne voulions pas donner la vie à d'autres Göring.»

Ces enfants de criminels tentent par tous les moyens de s'affranchir de ce passé. Katrin Himmler, la petite-nièce de Heinrich Himmler, chef de la SS et de la Gestapo, soutient qu'elle n'est pas responsable des actes de son grand-oncle. Cela reviendrait à adhérer à «la ridicule idéologie nazie selon laquelle tout dépend de la lignée», explique-t-elle dans Les Enfants d'Hitler.

Pourtant, note the Atlantic, avoir un père, une grand-mère, un grand-oncle nazi ,est un fardeau lourd à porter et impossible à assumer. Katrin Himmler a écrit un livre sur son grand-père et a épousé un Israélien descendant d'un survivant de l'Holocauste. Rainer Höss, le petit-fils de Rudolf Höss, commandant du camp de concentration d'Auschwitz, a passé son enfance «à 150 mètres du crématoire». A Auschwitz, il se retrouve face à une jeune fille, dont la famille a été exterminée dans le camp. En larmes, elle l'interroge:

«N'êtes-vous pas effrayé de nous rencontrer, nous les survivants?»

Une question qui le bouleverse. Pourtant, il l'affirme lui-même, «je ne suis pas le tueur de masse. Je suis une de ses productions». Rainer ne peut se détacher des actes de son grand-père.

Les atrocités commises par les nazis sont si grandes que leurs descendants sont forcés de vivre avec, note the Atlantic. «Ce qu'ils ont construit l'a été au détriment des autres», ajoute Rainer Höss.

Fin août 2012, trois cents personnes dont des descendants de nazis et de survivants de la Shoah s'étaient réunis dans le camp de concentration d’Auschwitz, en Pologne, à l'occasion d'une «marche pour la vie». Organisée par plusieurs églises protestantes, cette marche visait à commémorer l'horreur des camps et, pour les descendants de nazis, à demander pardon.

Certains criminels de guerre continuent de se dissimuler de la justice internationale, rappelle le Figaro. Les chasseurs de nazis les traquent sans relâche. Mais en raison de leur grand âge, il est fort probable que beaucoup mourront avant d'avoir été jugés pour leurs crimes.

Photo: Les accusés de Nuremberg Marion Doss via Flickr CC License by
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Publié le 18/02/2013
Mis à jour le 18/02/2013 à 12h15