Amazon accusé d'avoir engagé des gardes néo-nazis

Un colis Amazon Sean MacEntee via Flickr CC License by

Amazon, le géant américain du commerce en ligne, est au centre d'un scandale en Allemagne. La société aurait employé des gardiens néo-nazis pour contrôler ses travailleurs immigrés, rapporte the Independent.

C'est la chaîne de télévision allemande ARD qui a révélé l'affaire dans un documentaire sur les cinq milles employés temporaires immigrés qui travaillent dans les centres allemands de conditionnement et de distribution de l'entreprise.

Dans le documentaire d'ARD, on découvre que les employés d'Amazon sont surveillés par des gardes vêtus d'uniformes noirs et de bottes militaires. Tous sont coiffés comme des soldats. Plusieurs d'entre eux ont été vus habillés par la marque Thor Steinar, un designer berlinois d'extrême droite.

Ces surveillants sont employés par Hess Security, ajoute the Independent, une société dont le nom n'est pas sans rappeler celui de Rudolph Hess, chef de la chancellerie du NSDAP et conseiller d'Adolf Hitler. Le directeur de la société Hess Security, Uwe L. (son identité complète n'est pas divulguée), est connu des services de polices pour son adhésion aux idées néo-nazies.

Les employés immigrés, souvent embauchés par des agences extérieures, note The Verge, ont été malmenés par Hess Security. Le documentaire d'ARD révèle que les gardes pénétraient régulièrement dans leurs chambres, prétendument pour vérifier que les employés ne volaient pas les petits pains des petits-déjeuners. «Ils nous ont dit qu'ils étaient comme la police ici», témoigne une employée espagnole. «Ils vont dans les maisons quand les gens ne sont pas là, ajoute une autre, dont les propos sont rapportés par le site EuObserver. Et aussi quand ils sont là, en train de dormir ou de prendre une douche.»

Une autre employée, indique the Independent, a été chassée du chalet qu'elle partageait avec cinq autres personnes pour avoir fait sécher ses vêtements sur un radiateur mural.

L'équipe de tournage d'ARD n'a pas été bien accueillie par les néo-nazis. Lorsque ceux-ci ont découvert les caméras, ils s'en sont emparé et ont emprisonné les journalistes pendant plusieurs heures, avant qu'ils ne soient libérés par la police.

Selon the Independent, Hess Security n'a pas répondu aux accusations d'ARD. Quant à Amazon, ils ont déclaré que «bien que la compagnie de sécurité n'a pas été engagée par Amazon, nous examinons les accusations quant au comportement de ses gardes de sécurités et nous prendrons immédiatement les mesures appropriées. Nous ne tolérons ni la discrimination, ni l'intimidation».