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Perdu par son amour des chats: le hacker le plus recherché du Japon peut-être arrêté

Pamela Duboc, mis à jour le 13.02.2013 à 16 h 19

Mème posté sur 2channel et repris sur gawkerassets.com. A droite, Katayama lors de son arrestation.

Mème posté sur 2channel et repris sur gawkerassets.com. A droite, Katayama lors de son arrestation.

Le hacker le plus recherché du Japon a peut-être été arrêté le 10 février 2013. Selon Wired, cette arrestation concerne Yusuke Katayama, un Tokyoïte de trente ans. Il est accusé d’avoir mené en bateau, à coup d’indices savamment essaimés, l'Agence nationale de Police japonaise, l'équivalent du FBI aux Etats-Unis.

Le jeu engagé avec les autorités et les médias avait connu son apogée lors de la capture d’un chat, rapportée par Slate en janvier. Le chat errant portait à son collier une carte mémoire qui contenait des informations à propos d’un virus utilisé par le hacker. La police nippone l’avait attrapé à une cinquantaine de kilomètres de Tokyo,

C’est ce coup de maître qui a mené à l’arrestation de Yusuke Katayama. L’homme a en effet été repéré sur des vidéos de caméras de surveillance, s’approchant du chat errant puis quittant les lieux sur sa moto.

Selon le blog geek Kotaku, la police aurait également saisi un des ordinateurs utilisés par le «pirate» dans un Neko Café de Tokyo, un de ces bars dans lesquels il est possible de câliner des chats tout en buvant un verre et en consultant ses emails. Il semblerait que Yusuke Katayama aimait tout particulièrement passer de longues heures dans ces lieux, à jouer avec les chats.

Son amour des chats, mis en avant par une photo publiée sur MSN après son arrestation, lui a valu de nombreux commentaires sympathiques de la part d’utilisateurs de 2channel, un forum japonais sans inscription (textboard) qui a inspiré 4chan. Selon beaucoup d’entre eux, un homme aimant tant les animaux ne peut être le véritable coupable.

Yusuke Katayama avait déjà été arrêté en 2005 pour avoir posté des menaces de mort sur 2channel, mais nie son implication dans cette affaire.

Avant l’arrivée du chat à la carte mémoire, l’Agence nationale de police japonaise avait arrêté quatre personnes à tort, dont Masaki Kitamura, animateur et réalisateur de mangas. Les ordinateurs de ces personnes étaient infectés par le virus retrouvé dans la carte mémoire. Ces ordinateurs avaient été contrôlés à distance pour envoyer des emails de menace tels que celui-ci, parti de l’ordinateur de Masaki Kitamura et cité sur Kotaku:

«Je vais commettre un massacre à Otaroad [un quartier geek et piéton de Tokyo] dimanche prochain. Je m’enfoncerai dans ce paradis piéton et après avoir poignardé à la ronde, je me suiciderai.»

Les autres victimes du virus, qui était alors inédit au Japon, ont été arrêtées pour l’envoi d’e-mails menaçant de faire exploser le QG de Nintendo ou encore un temple Shinto. L’un d’entre eux n’a été libéré qu’après une semaine.

L’Agence nationale de police avait retourné tout le pays pour retrouver ce –ou ces– hacker(s) qui l’humiliai(en)t. Sans succès jusqu’à l’arrestation de Katayama. Peut-être la police et les médias ont-ils gardé rancune contre le hacker, puisque le Japan Daily Press désigne le «grassouillet à lunettes» coupable, avant tout procès.

A la suite du durcissement en octobre 2012 des lois anti-piratage du pays, Katayama risque jusqu’à deux ans de prison.

Pamela Duboc
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