Un cas de vampirisme découvert en Turquie

Un vampire s'apprête à mordre sa victime virginsuicide photography via Flickr CC License by

Ce n'est probablement pas le genre de vampire dont rêvaient les fans de Twilight. Les médecins de l'hôpital militaire de Denizli, au sud-ouest de la Turquie, ont découvert un cas de vampirisme, rapporte le site Hurriyet Daily News. Agé de 23 ans, le patient est atteint de troubles de la personnalité et d'une addiction au sang.

L'homme, dont le nom n'a pas été révélé, a commencé par se couper la peau du ventre, des bras et de la poitrine avec une lame de rasoir, avant de recueillir son sang dans un récipient et de le boire. Petit à petit, consommer du sang est devenu un besoin impérieux, note Direnc Sakarya, le médecin en charge du patient, dans un rapport publié en 2012. Le «vampire» s'est mis à mordre les autres afin de s'abreuver et a forcé son père à lui obtenir du sang dans les banques de sang.

Selon l'étude du professeur Sakarya, plusieurs épisodes traumatiques pourraient avoir déclenché la maladie de l'homme, qui a été élevé dans une petite ville de Turquie au fort taux de criminalité. Alors qu'il n'est encore qu'un enfant puis un adolescent, le patient assiste aux crises de folie de sa mère, prise d'accès de violence, qui détruit des objets et l'attaque. Entre cinq et onze ans, il n'a aucun souvenir de son enfance.

Trois ans avant son hospitalisation, le patient perd sa fillette de quatre mois, qui décède des suites d'une maladie. A la même époque, il assiste à un meurtre violent lors duquel la victime est décapitée et son pénis tranché. Un an plus tard, il est présent lors de l'assassinat de son oncle, dont il se souvient «avoir étreint le corps et avoir sentit le sang ruisseler sur son visage», note le professeur Sakarya.

A plusieurs reprises, l'homme a des pertes de mémoires. On lui diagnostique un trouble dissociatif de l'identité: il se fait appeler par différents noms, déclare «il y a deux moi en moi» et dialogue avec un compagnon imaginaire, un homme «grand avec un manteau noir» dont il a récemment réalisé qu'il incarnait sa propre enfance.

S'il ne prend aucune drogue, le patient du professeur Sakarya est alcoolique. Les images des événements traumatiques auxquels il a assisté s'imposent à lui et l'homme qu'il imagine lui donne des ordres. Il lui impose d'attaquer les autres et de se suicider, ce qu'il tente à plusieurs reprises.

C'est la première fois qu'un cas de vampirisme associé à un trouble dissociatif de l'identité est documenté, note le site Livescience. Six semaines après avoir été soigné à l'hôpital, l'homme était en rémission, bien que ses symptômes de personnalités multiples persistent.

L'homme n'est pas un vampire au sens mythique du terme, ajoute le site. Le corps humain n'est pas adapté à la consommation en grande quantité de sang, qui peut notamment causer une overdose de fer.

Dans la croyance populaire, un vampire est un généralement un démon ou un revenant qui se nourrit de sang afin d'entretenir son immortalité.