La restauration de Pompei, un projet sous haute surveillance

Des touristes visitent Pompéi / a rancid amoeba via Flickr CC License by

Le site archéologique de Pompéi va être restauré. L'Union européenne a alloué le 6 février un budget de 105 millions d'euros à sa rénovation, signale le Figaro.

La ville de Pompéi, située au sud de Naples, a été entièrement détruite par l'éruption, en 79 après J-C., du mont Vésuve. Enfouie sous les cendres du volcan, la cité a été oubliée avant d'être redécouverte au XVIIIe siècle. Avec plus de deux millions de visiteurs chaque année, Pompéi est devenue le site touristique le plus fréquenté d'Italie après le Colisée de Rome, note The Telegraph.

La somme accordée par l'Union européenne est bienvenue: en 2008, l'Italie signalait le manque d'investissement et d'entretien du site antique, pourtant classé au patrimoine de l'Unesco depuis 1997. En 2010, de violentes intempéries détruisent plusieurs vestiges, dont la Maisons des gladiateurs et la Maison du moraliste, souligne le site de l'Unesco. Un accord est alors signé entre l'institution des Nations unies et l'Italie afin d'établir une expertise visant à la rénovation de la ville.

Le site archéologique sera non seulement restauré, mais aussi sécurisé et son accueil amélioré, indique le Figaro. Plusieurs lieux interdits au public, dont dix quartiers, seront rouverts.

«Pour une fois, on ne se contentera pas d'étayer un édifice, mais d'en consolider les structures, de drainer les eaux souterraines, de s'attaquer aux causes réelles de la dégradation, explique Paola Rispoli, ancienne directrice de travaux à Pompéi au quotidien français. Jamais une entreprise aussi ambitieuse n'avait été engagée.»

Plusieurs scandales de corruption secouent le site archéologique. Antonio Irlando, le responsable de l'Observatoire du patrimoine culturel, explique la situation à Euronews:

«Une série d’infrastructures incluant d’importants éléments préfabriqués, de lourdes structures technologiques et des câbles passant sous la zone archéologique ont été installés. Cela a causé des dégâts. Parti de ce constat, une enquête a été ouverte concernant tous les appels d’offres de ces dix dernières années.»

Johannes Hahn, commissaire européen pour la politique régionale et à l'origine du Grand Projet Pompéi, appelle à une «transparence totale». Le 5 février, l'ancien directeur du site, Marcello Fiori, a été arrêté. Il est accusé d'avoir détourné des fonds destinés à la restauration de l’amphithéâtre de la ville, rapporte le Los Angeles Times, et d'avoir passé des contrats illégaux avec une entreprise de restauration. Du ciment avait été coulé dans les gradins, afin que l'amphithéâtre puisse accueillir des opéras. Cinq autres personnes sont poursuivies, dont un ancien entrepreneur accusé d'avoir quadruplé le budget initial.

Les nouveaux chantiers seront très surveillés afin d'éviter que la mafia locale, la Camorra, ne s'introduise dans le projet, note le Figaro. Un «contrat de légalité» sera signé entre les entreprises engagées dans le projet et les ouvriers seront munis de badges électroniques.