Un Saoudien qui a violé, torturé et tué sa fille libéré après avoir payé le «prix du sang»

Une femme voilée à Abha Retlaw Snellac via Flickr CC License by

Fayhan al-Ghamdi, un prédicateur saoudien célèbre en Arabie saoudite pour ses interventions télévisées avait été emprisonné pour le viol et le meurtre en octobre 2012 de sa fillette de 5 ans, Lama. Il vient d'être libéré après avoir payé le «prix du sang», une compensation financière à la mère de l'enfant, rapporte the Independent.

Fayhan al-Ghamdi et son ex-femme se partageaient la garde de Lama, leur fille. Alors qu'il hébergeait Lama, il l'a violée à plusieurs reprises avant de la torturer. L'enfant, qui souffrait de multiples fractures, d'ecchymoses et de brûlures, est décédée peu de temps après son hospitalisation en urgence.

Le prédicateur saoudien a reconnu avoir utilisé des câbles et une canne pour battre la fillette, explique the Independent. Il doutait de la virginité de Lama, qu'il avait fait examiner par un médecin, note the Daily Mail.

Après trois mois d'emprisonnement, le juge en charge de l'affaire a estimé que Fayhan al-Ghamdi pouvait payer «le prix du sang» pour être libéré: 200.000 riyals (soit un peu moins de 40.000 euros) versés à la mère de Lama comme compensation financière pour la perte de sa fille. Si Lama avait été un garçon, la somme aurait été doublée.

En Arabie saoudite, où la charia régit le droit, la peine de mort est en vigueur, rappelle the Independent. Mais un homme ne peut être exécuté pour le meurtre de son épouse ou de ses enfants, qui sont considérés comme sa propriété. 

L'année dernière, le prédicateur islamiste Abdullah Daoud avait déclaré à la télévision saoudienne que le voile intégral devrait être obligatoire pour tous les nouveaux nés de sexe féminin, note the Telegraph. Une telle mesure empêcherait les agressions sexuelles et les viols sur les bébés.

La libération de Fayhan al-Ghamdi a provoqué la colère des Saoudiens et des activistes du Women to Drive, un groupe saoudien qui lutte pour les droits des femmes, qui, entre autres, doivent être voilées et ne sont pas autorisées à conduire. Le hashtag #AnaLama («je suis Lama») a émergé sur Twitter en hommage à la fillette et les autorités locales ont mis en place une permanence téléphonique pour lutter contre la maltraitance infantile.

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