Ecrire mieux grâce à la neuroscience

brain / Aban Nesta Via FlickrCC Licence by

La phrase «il avait les mains parcheminées» ne stimule pas le cortex de la même manière que les mots «cannelle» ou «savon». De nombreux chercheurs en neuro-sciences ont étudié le lien entre les mots et le cerveau, notamment après avoir analysé les scanners de personnes en train de lire. Un article de Poynter propose de mettre ces découvertes au service des écrivains, pour les aider à améliorer leur style.

Poynter s'appuie notamment sur un article paru en mars 2012 dans le New York Times, qui compilait les études récentes faites par des chercheurs en neuro-science sur l'impact de la lecture de différents types de mots ou phrases sur le cerveau.

Par exemple, des chercheurs de l’université d’Emory ont prouvé que les mots «canelle» ou «savon» engendrent une réaction du cortex olfactif, qui lui-même intervient dans le traitement des odeurs.

Autre découverte, faite par une chercheuse française cette fois, Véronique Boulenger, du laboratoire Dynamique du language (Lyon): «Les verbes d'action, comme “Pablo a donné un coup de pied dans le ballon” stimulent le cortex moteur, qui régit la façon dont le corps bougePlus généralement, «les verbes qui impliquent différentes parties du corps, comme le bras ou la jambe, déclenchent des parties du cerveau qui contrôlent les membres spécifiques».

Chip Scanlan, le journaliste de Poynter, donne 6 conseils aux écrivains pour améliorer leur écriture et proposer à leurs lecteurs une «expérience sonore profonde et durable».

Il leur suggère par exemple de choisir «des verbes d'action vifs» comme ceux de la phrase «Michaela saisit son parapluie et se précipita dans la pluie» afin de stimuler directement le «cortex moteur» du lecteur. Il les encourage aussi à ne pas lésiner sur les détails:

«Si vous voulez obtenir d’un lecteur qu’il visualise ce qu’il lit, "une Mustang convertible rouge cerise de 1967" fera un meilleur travail qu'"une voiture".»

Enfin, pour tous les écrivains fainéants, rappelons qu'un économiste américain, Phil Parker, a mis au point un algorithme capable d'écrire des livres, comme nous vous l'expliquions mi-janvier. A l'aide d'un calcul sophistiqué, un ordinateur peut produire un récit ou un manuel en quelques minutes. L'entreprise de Phil Parker, ICON Group International Inc., a ainsi produit plus d'un million de titres, pour la plupart sur des sujets très spécifiques comme l'économie.