Sida: élargir ou pas l'accès au médicament préventif Truvada

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L’association Aides de lutte contre le sida réclame une facilitation de l’accès au Truvada, médicament antirétroviral destiné non plus à traiter mais à prévenir l’infection contre le VIH. La demande en a été formulée le 29 janvier par l’association auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). 

C’est là une nouvelle étape, controversée, dans l’histoire de la lutte collective contre cette épidémie. En pratique, Aides souhaite obtenir une extension de la possibilité de prescription médicale du médicament Truvada «aux publics les plus exposés au VIH». Cette mesure pourrait être prise dans le cadre d’une «Recommandation temporaire d’utilisation thérapeutique» ou RTU, nouvelle procédure de l’ANSM.

Le Truvada est une association de deux médicaments antirétroviraux fabriquée par la firme américaine Gilead Sciences. Il fait l’objet depuis 2011 d’une expérimentation clinique officielle: «l’étude Ipergay».

L’intérêt pour ce travail avait été relancé en juillet 2012 quand la Food and Drug Administration (FDA) américaine avait approuvé officiellement, le 16 juillet, la commercialisation de la spécialité pharmaceutique à des fins préventives. Les autorités américaines conseillaient alors d’associer cette prise médicamenteuse à des pratiques sexuelles sûres comme l’usage de préservatifs et d’autres mesures de prévention comme le dépistage régulier et traitement d’autres maladies vénériennes.

«Le Truvada ne peut pas se substituer à des pratiques sexuelles sûres», soulignait  la FDA. L’efficacité préventive avait au préalable été établie lors d’essais cliniques (contre placebo) menés dans différents pays, dont les Etats-Unis. On avait alors conclu que son efficacité était comprise entre 44% et 75%.

Il y a trois mois, l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) rappelait que le Truvada n’était pas autorisé en France (ni en Europe) pour un usage préventif. Elle rappelait aussi que son utilisation «dans la vraie vie» n’avait pas encore été évaluée aux Etats-Unis. «Il appartiendra aux autorités de santé d’accorder ou non l’autorisation d’étendre l’usage de ce médicament en traitement préventif continue», prévenait l’ANRS. La question est désormais officiellement posée à ces autorités de santé.