«18% des Bretons pour l'indépendance!»: le mensuel Bretons magazine retiré des kiosques

La une du magazine retiré

Le numéro de février 2013 du magazine Bretons a été retiré de la vente, notait samedi dernier le site 7Seizh. Le mensuel sera de retour en kiosque vendredi. Avec une une différente.

En effet, dans sa première version, Bretons Magazine titrait sur le résultat d'un sondage commandé par le mensuel à l'Ifop:

«18% des Bretons pour l'indépendance!»

L'édition modifiée annonce:

«69% des Bretons ignorent leur histoire.»

Selon Didier Le Corre, rédacteur en chef du magazine, le rappel des exemplaires de février est dû à un problème technique. «Les premiers exemplaires sortis n’avaient pas de souci. Mais sur les suivants, certains cahiers étaient à l’envers. On a donc décidé de les réimprimer, affirme-t-il au Mensuel de Rennes. Le premier titre était trop restrictif. Il excluait des acheteurs potentiels. On a donc décidé de s’ouvrir un peu plus car nos ventes restent dépendantes de notre une.»

La CFDT a publié ce mardi après-midi un tract, repris par Le Mensuel de Rennes, qui dénonce «un acte de censure inadmissible de la part du patron d’un journal qui ne cesse de plaider pour la liberté d’informer». Elle accuse François-Régis Hutin, PDG du groupe Ouest-France, d'avoir personnellement demandé le retrait des ventes du magazine, en raison de ses opinions personnelles:

«On peut penser ce que l’on veut du sujet, le résultat d’un sondage, réalisé dans les règles de l’art, est une information. Et c’est à ce titre que la rédaction de Bretons a décidé d’en faire sa une, laissant à ses lecteurs le soin de se faire une opinion sur la question. En réalité, il se confirme que cette une, où figure le logo d’Ouest-France, en tant que distributeur, aurait fortement déplu à François Régis Hutin. Celui-ci aurait ordonné son retrait.»

Créé en 2005 par Didier Le Corre, Bretons Magazine est un magazine de société et de culture «qui fait du reuz», du bruit en breton. En avril 2008, le mensuel s'était fait connaître en publiant une interview de Jean-Marie Le Pen, lors président du Front national. Celui-ci y qualifiait les chambres à gaz utilisées lors de la Seconde Guerre mondiale de «détails» de l'Histoire.