Au Mexique, Twitter a aussi son hashtag antisémite

(Photo: L'oiseau Twitter taggé sur un mur. Flickr/CC/Wonderferret)

En France, Twitter a connu le hashtag #unbonjuif. En octobre 2012, des blagues antisémites avaient déferlé sur le réseau social avec chaque fois pour mot clé #unbonjuif, et souvent assorties de photos de camps de concentration et de cendres. Alors que le tribunal de grande instance de Paris vient de rendre sa décision dans l'affaire Twitter contre l'Union des étudiants juifs de France qui avait porté plainte, le Mexique a trouvé son propre hashtag antisémite.

«Le 18 janvier #EsdeJudios, ce qui signifie "c'est juif de" était le deuxième trending topic du Mexique», rapporte ABC News. «Dans des tweets connexes, les internautes parlaient de cendres et de gaz en référence à ce que la communauté juive a subi pendant l'Holocauste».

Une situation identique à celle de la France donc. Le forum mexicain contre l'antisémitisme, Foro de Coordinacion de lucha contra el Antisemitismo, assure être à la recherche de la personne à l'origine du hashtag dans le pays. Selon Topsy, précise ABC News, le premier hashtag a été twitté le 16 janvier. Le lendemain 13.000 tweets l'avaient utilisé. Dès le 18 la tendance s'essoufflait. Très retweeté, un tweet assurait alors:

 

Soit en français: «Aux "rigolos" qui se servent du hashtag #cestjuifde: ne pleurez pas si vous vous faites virer, ne pleurez pas quand personne ne voudra vous embaucher».

Une plainte similaire à celle déposée par l'UEJF en France pourrait être déposée au Mexique et cela ne ferait qu'amplifier le problème de Twitter face aux différentes moeurs, et aux différentes lois des pays utilisant le réseau social.

Pour le New Yorker, «Twitter se retrouve avec les cartes en main, devant jongler avec les différentes lois du monde, se délivrer des démons de l'Histoire de chaque pays, et préserver ses idéaux philosophiques — une liberté d'expression absolue et protégée — tout en préservant ses utilisateurs et ses annonceurs. Si la firme décide de ne pas se plier à la décision de justice française [ordonnant à Twitter de l'aider à identifier les auteurs de tweets antisémites], et aux décisions analogues qui suivront sans doute, Twitter aura permis à des millions de non-Americains qui sont sur Internet, de bénéficier des valeurs de liberté d'expression américaines — et de façon si silencieuse qu'il s'agira presque d'un secret».

Reste à savoir si dans un cas pareil, il s'agit bien d'un «bénéfice».